Place du 7ème art

Aix : 3 films pour trembler à Halloween

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Contrairement à ce que pourraient laisser croire le ciel bleu et le soleil aveuglant qu’offre ce mois d’octobre, nous sommes bien en automne. Et qui dit automne, dit Halloween et sa myriade de films d’horreurs. Gardez les yeux bien ouverts car voici ma sélection pour les Aixois en quête de frissons.

Conjuring 1 & 2 – James Wan

Le pitch : Les Warren sont un couple d’enquêteurs du paranormal. Les films Conjuring se concentrent sur l’histoire d’une famille en proie à des phénomènes surnaturels.

Mon avis : On ne compte plus le nombre de films qui traitent de possession et d’exorcisme, le tout orchestré dans une veille maison bien grinçante. Nombreux sont les duplicatas de L’exorciste (1973), et ce manque d’originalité est un problème récurrent dans l’univers de l’épouvante. Mais c’était sans compter sur James Wan et sa capacité à réinventer le cinéma d’horreur. Il est à l’origine des sagas Saw, Insidious et Conjuring qui ont connu un succès commercial et critique à travers le monde. Chose assez rare pour la souligner, le deuxième volet de Conjuring est aussi bien, voire mieux que le précédent.
Quand un réalisateur cherche à effrayer le spectateur, il fait aussitôt intervenir le cut pour introduire une scène diurne, synonyme de sécurité. Là où réside la force de James Wan est dans la gestion de cette tension. Au lieu de la relâcher, il la maintient. Il n’y a pas de retombée d’adrénaline mais une surenchère qui laisse l’auditoire désorienté et à deux doigts de la tétanie. Le jeu des acteurs et les effets spéciaux sont brillants. Chaque apparition de la none démoniaque fait retenir son souffle au spectateur. James Wan nous plonge dans un univers délicieusement 70s, brillamment reconstitué à travers les décors et les costumes. Il donne un cachet à ses œuvres horrifiques et marque le cinéma de son emprunte indélébile.

It follows – David Robert Mitchell

Le pitch : Après avoir couché avec son petit ami, Jay est suivie par une créature surnaturelle qu’elle semble être la seule à voir.

Mon avis :  La bande son de ce long-métrage est magistrale de subtilité (contrairement au dernier Ça qui dicte les émotions à coup d’orgues et de violons). Le travail de Rich Vreeland instaure une véritable atmosphère anxiogène qui accompagnera le spectateur pendant toute la durée du film. L’effort autour de la musique est sublimé par le jeu des acteurs et l’écriture de leur personnage. Personnages qui, pour une fois, ont des réactions cohérentes face aux épreuves qu’ils traversent. It follows est un film d’horreur intelligent. Il ne joue pas l’arc agaçant, celui de faire passer la protagoniste pour une folle sous prétexte qu’elle est la seule à voir des choses. L’empathie des personnages permet de s’identifier à eux et d’avoir peur pour leur vie. Chaque plan du film ajoute à la paranoïa ambiante. Le spectateur est sur le qui-vive et se demande d’où viendra le danger, sachant pertinemment que la créature finira toujours par arriver à destination.

Grave – Julia Ducournau

Le pitch : Justine entre en première année d’école vétérinaire. Tout juste installée, elle fait face à la cruauté du bizutage. S’en suit une série de changements qui va bouleverser la nature de la jeune fille.

Mon avis : Hémophobes, passez votre chemin. Le film de Julia Ducournau est l’une des œuvres les plus dérangeantes de ces dernières années. Pas un long-métrage d’horreur, ni un film gore à proprement parler, la réalisatrice le décrit comme un « cross-over, un mélange de comédie, de drame et de body horror ». La réalisatrice a voulu faire une oeuvre sensuelle où l’émotion se transmet à travers le toucher, le son et les mouvements du corps. Elle va jusqu’à flirter avec le dégoût et le nauséabond, certaines scènes étant difficile à soutenir du regard. Lors de la projection au Mazarin, un couple de personnes âgées est sorti de la salle en pleine séance. La raison exacte de leur échappée est incertaine mais elle succédait à une scène glaçante et surréaliste, celle des ciseaux. Lorsque le générique de fin apparaît, un instant est nécessaire pour permettre à l’esprit de refaire surface. Avec son tout premier film, Julia Ducournau a su aussitôt imposer son univers et conquérir son public. Le long-métrage a remporté dix récompenses en France et à l’international.

Alors, avec qui allez-vous trembler ce 31 octobre ?

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Amandine la filmovore
Amandine la filmovore
Etudiante en journalisme à Aix, je suis la cinéphile du groupe. Les films n'auront plus de secret pour vous car je vous offre les clés. Direction le 7e art.
Il Court Mirabeau
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