Jean Yves le Prof

Aix, le site de rencontres des poètes !

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Jean-Yves le Prof.

Poursuivons notre voyage en compagnie de Marcelle Chirac, à propos des liens entre Aix et la littérature. Celle-ci fait remarquer qu’une « ville riche de tant de splendeurs, peuplée de tant de souvenirs et de rêves ne pouvait manquer d’inspirer les poètes ».

Trop, au goût de certains, puisque Alphonse Métérié, dans son « Odelette à la vaine louange d’Aix-en-Provence » écrit :

« Tant l’ont louée en vers françois

Qu’en sont assourdis les Aixois ».

La moisson est abondante, mais la qualité des vers n’est pas toujours au rendez-vous…En revanche, certains sont appréciables, quand ils évoquent Aix, comme Joachim Gasquet dans « Le Retour » et plus généralement dans « Les chants séculaires » :

« Je te retrouve ainsi que je t’avais quitté

O mon profond amour, ma ville, ma cité,

Dernier temple attendri de l’antique sagesse,

O ville dont le nom est comme une caresse…

Rien dans le doux pays de mes lointains aïeux

N’a d’autant de douceur comblé mes jeunes yeux.

C’est en toi que le monde et ma vie ont leur centre…

Et, sans te soucier des saisons incertaines,

Tu t’endors, chaque soir, au chant de tes fontaines… ».

Et aussi :

« Je regarde au soleil fumer la vieille ville.

Aix m’apparait avec son visage immortel.

Sous ses pierres je sens battre son cœur réel. ».

Et encore :

« Les grands platanes, sur le Cours,

Parlent entre eux des gens qui passent.

Les jets d’eau meurent dans les cours,

Dans l’ombre, les balcons s’effacent. ».

 

Un Marseillais, séduit par Aix, Emile Sicard, déclare sa flamme à la ville dans « Le Jardin du Silence et la Ville du Roy ». Voici quelques-uns  de ses vers, puisés dans son ouvrage :

« Aix musicale et belle avec la fièvre aux joues ».

« Aix que je sens et que j’écoute ».

« L’olivier tremble, le laurier

Courbe ses branches sur ma tête.

Les rives de l’Arc sont muettes

Mais l’eau passe sur le gravier.

La ville des fontaines

Et du Roi René

Est là-bas endormie ».

« Beaux platanes au cœur mouillé,

Musique vive des fontaines,

Palais déserts, maisons sereines,

Jardins, comme vous m’accueillez !…

Vasques, guirlandes, balustrades,

Cours d’honneur, pavillons, châteaux,

Cézanne qui souffre, Van Loo

Qui sourit,  Chastel qui parade,

Nicolas Froment qui peint Dieu

Viennent à moi… ».

« Aix, où les pas clouent le silence…

La ville a le parfum des guirlandes fanées…

Aix ! Douceur, solitude ! Aix, languissante voix !

Aix, la rose provinciale…(…).

Voici la rue Cardinale

Et l’église de Saint-Jean

Et le musée somnolent

Et le soleil qui s’étale (…).

L’archevêché solitaire

Est plein d’ombre et de lumière… ».(…).

« L’odeur des fruits et des légumes

Couvre la place du marché. ».(…)

« L’ombre garde

Je ne sais quel (sic) extase et quel ravissement

Qui semble un bras de mère autour d’un cou d’enfant ».

 

Pour sa part, Jean de Servières remonte aux soldats du Proconsul Sextius :

« Pour charmer leur repos, ses Légions hautaines

Exaltant leur victoire au rythme des fontaines

Vont bâtir aqueducs, canaux, thermes, bassins ;

Et leur fier Proconsul, dont le nom les fait siennes,

Voit naître la Cité qui, selon ses desseins,

Va porter désormais le nom d’Eaux-Sextiennes ».

 

L’histoire est donc omniprésente, à propos d’Aix, par exemple aussi chez Lionel des Rieux :

« Si l’ignorant doutait d’un passé qui t’honore,

O Cité, montre lui ces murs, ces parchemins,

Ton bon Roy, tes héros et les profils latins

De tes filles, orgueil de ton pavé sonore ».

 

Et les fontaines d’Aix ! Voyez Emile Lèbre, dans « La Place et la Fontaine des Quatre-Dauphins » :

« Les dauphins inclinés sur leurs lits de roseaux

Dans le calme bassin versent les belles eaux.

Ici règne la grâce avec la ligne exquise ».

 

Mais aussi Paul Souchon, dans « Aux Fontaines d’Aix » :

« Fontaines d’Aix, quand votre plainte

Près de moi monte dans la nuit,

Je retrouve sous les platanes

Mon cœur d’enfant qui m’attendait.
Je me revois sur cette place.

Ma mère me tient par la main,

Et, de sa cruche vernissée,

Votre eau chantonne en écumant ».

 

Et enfin, bien entendu, Jean Cocteau à propos des fontaines du Cours, qui nous servira de conclusion :

« Aix. Un aveugle croit qu’il pleut.

Mais s’il pouvait voir dans sa canne

Il verrait les fontaines bleues

Chanter la gloire de Cézanne ».

 

 

 

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La rédaction
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Une ruelle oubliée, ou plus loin, un coin de Provence à faire briller... J'aime profondément Aix en Provence et la région. Suivez-moi dans mes bonnes adresses et surprises en Pays d'Aix ! Rédac chef de cette fabuleuse aventure et fondateur du site en septembre 2016 ! Par ailleurs, je propose des services en communication digitale originale pour les commerçants et professionnels du tourisme en Pays d'Aix : www.monroadtripenprovence.fr (Community management / Ecriture "sensorielle" / Atelier de réseaux sociaux 2018, département 13, 84, 04)
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