Fanny la bulle d'énergie

Fanny la bulle d'énergie

Percutante, dynamique et curieuse, Fanny tentera chaque mois de vous dénicher des lieux improbables dans la douce ville aixoise. A 23 printemps, elle voue un culte au Hip Hop et adore se fondre dans des univers tout aussi éclectiques les uns que les autres. Cerise sur le calisson, Fanny évoque en nous de doux souvenirs pagnolesques.

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Mon retour à Aix… Ce qui m’avait le plus manqué

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Fanny notre bulle d’énergie est de retour après une escale de quelques mois à Tunis ! Et comment dire ? Aix lui avait particulièrement manqué et voici pourquoi !

Apres un séjour de l’autre côté de la Méditerranée en terres berberes, je réalise que ma ville d’adoption de ces 5 dernières années m’a manqué. C’est toujours le même refrain. J’ai l’impression d’en avoir fait le tour mais je finis, malgré tout, par me sentir un brin nostalgique de ce microcosme provençal.

D’abord, les rues piétonnes qui rappellent les chemins pavés de la Rome antique. À côté, les taxis jaunes tunisiens font pâle figure et le bordel ambiant qui règne dans le centre ville de Tunis ne rivalise pas avec la quiétude du cours Mirabeau. Aix semble plongé dans une léthargie romantique qui donne lieu à des rêveries et autres introspections. Tunis, a l’inverse, ne laisse rien au hasard, les motos ou les chats, te prennent au dépourvu à chaque coin de rue. Ensuite, c’est bel et bien la bière en sortant des cours place des cardeurs qui arrive en deuxième position dans la liste des choses qui m’ont manqué.

Ce rendez vous traditionnel à l’happy hour est un incontournable de la vie étudiante aixoise. À Tunis, pas d’happy hour en terrasse mais une celtia (bière tunisienne) au cercle italien, repère d’intellectuels et de la jeunesse en ébullition. À cette liste s’ajoute Piacere et ses produits frais à déguster dans des piadina toujours plus raffinées et ce à des horaires très flexibles, adaptés aux pérégrinations étudiantes.

Il a notamment été salvateur les lendemains de cuites… Les piadinas ont donc été remplacées – à contre cœur- par des makloubs (sandwich typique tunisien que l’on peut agrémenter de dinde, escalope ou poulet). Le marché des fleurs, situé place de la mairie à Aix, m’a également manqué le mercredi matin sur le chemin du travail. Étals de bananes, fraises et melons faisaient office de bouquets de lys et d’hortensia. Enfin, c’est la moresque bien fraîche accompagnée d’olives du café de l’horloge qui me tarde de retrouver en terres aixoises. Même si, en termes d’olives la capitale tunisienne n’a rien à envier à la Provence !  »

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Tunis : la capitale déconcertante

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14322609_10208630426051689_6674054257462038761_nDes regards insistants, des sourires francs et beaucoup de bruit… Tels sont les éléments marquants de mon début de séjour à Tunis. Sans oublier les taxis jaunes emblématiques de la région qui fourmillent dans les rues sans voie, ni loi ! Capitale de plus d’1 million voire de 2,7 millions d’habitants si l’on considère le Grand Tunis, elle présente un visage complexe. Mes premiers jours restent gravés dans ma tête comme une plongée saisissante dans un océan glacé, un choc de température d’abord mais surtout culturel …

Je découvre avec curiosité le airbnb dans lequel je vais loger pendant un mois. « C’est un ancien Riyad qui appartient à ma tante et comme tu peux l’entendre, on est à côté de la mosquée. Le son est mal réglé, les appels à la prière sont un supplice ! » m’indique avec un sourire Lilia, l’hôtesse, mais également journaliste militante.

Mon quartier sera désormais celui de Bab Laquès avec ses petits épiciers, ses multiples chats errants et ses cris d’enfants provenant de l’école d’en face. C’est une partie de la ville très pauvre et délabrée, située en bordure de la Médina (l’ancienne ville), les routes sont pavées de détritus, les poubelles débordent et les cafés, généralement masculins, sont d’allure modeste. Malgré cela, je m’y sens de mieux en mieux, je commence à prendre mes marques et mes quelques mots d’arabe portent leurs fruits auprès des commerçants qui se moquent gentiment de mon accent. La petite rue qui fait le coin porte bien son nom, « rue des boulangers », des baguettes s’empilent le long des étals et les habitants viennent se servir fréquemment. Les jeunes jouent au foot en face de chez moi et m’accostent timidement en arabe quand je passe devant eux en rentrant du journal.

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Les épices chatouillent mes narines et les choux, carottes, piments, pommes de terre et poivrons achèvent ce tableau oriental.

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Mais mon endroit préféré reste sans doute le souk d’El Halfaouine, on y trouve tout et n’importe quoi, une sorte de « bordel organisé » dont seuls les tunisiens ont le secret. Baskets Nike de toutes les formes et de toutes les tailles, chargeurs de téléphone, blocs d’argile, fripes, et bien évidemment les étals de nourriture qui se déploient sur plusieurs kilomètres dans les dédales de rues.

Les commerçants manient les morceaux de bœuf  et de mouton avec brutalité ; des espèces marines inconnues me fixent d’un œil vitreux, les épices chatouillent mes narines et les choux, carottes, piments, pommes de terre et poivrons achèvent ce tableau oriental. Les rues avec les échoppes de part et d’autre sont si étroites que la circulation est difficile voire impossible, à l’image des embouteillages sur les grands boulevards comme l’avenue Mohamed V où les automobilistes ne communiquent qu’à l’aide des klaxons. Tunis est, pour toutes ces raisons, une ville déconcertante et par-dessus tout, vivante. Elle est imprégnée d’une énergie urbaine, décomplexée comme l’est la jeunesse tunisienne en mal d’avenir, aspirant à s’émanciper et portée par le souffle d’une révolution inachevée.

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Ça testeLa mer à boire

Vin sur vin pour le chalet de noël alsacien

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A quelques journées du réveillon, Fanny la bulle d’énergie de l’équipe vous fait découvrir les coulisses d’un chalet de noël incontournable d’Aix ! 

« Il faut du bon vin chaud pour avoir un bon marché du Noël ! », déclare solennellement Jacqueline, 77 ans.

Situé en bas du Cours Mirabeau, le stand du vin chaud est présent depuis plus de dix ans sur ce marché. Guirlandes lumineuses, écriteaux en bois, grosses marmites et bretzel aguichent les passants au premier regard, les effluves de vin chatouillent les narines.

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Les sens sont en éveil. Du rouge, du blanc, petits ou maxi gobelets de 50 cl, il y en a de toutes les formes et pour tous les goûts. En seulement 15 minutes, plus de dix personnes se sont arrêtées au stand. Mais malgré le vin qui coule à flots, esprit de Noël et convivialité prennent le pas sur l’ivresse. A 13h, un 6 décembre, le taux d’alcoolémie au stand du vin est proche de zéro…

Explications. Sur le marché de Noël d’Aix-en-Provence, le vin chaud vient d’Alsace selon l’écriteau accroché au-dessus des marmites frémissantes. Entreprise familiale, le leitmotiv du stand est de « vendre de la bonne marchandise pour faire plaisir aux gens sinon ils ne reviennent pas et ça, c’est pas bon pour nous ! » me fait remarquer Marianne, la patronne. Ils misent tout sur la qualité des produits pour fidéliser leurs clients en arborant fièrement leurs racines alsaciennes. Le stand habillé de rouge fait la part belle aux peluches de cigognes et aux bretzels salées ou sucrés, 5 euros pièce. Et ça marche !

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Eric, 50 ans, entouré de ses collègues du Rectorat d’Aix estime que ce vin-là est « bon et très sucré ! ». En effet, le vin est doux, il ne contient pas plus d’alcool qu’une bière car en cuisant, l’alcool s’évapore. Le rouge est plus prisé par les passants que le blanc, « du vin blanc chaud, beurk, quelle drôle d’idée ! » grimace Eric.

Mais, qu’importe la robe, le mystère autour de la fabrication reste entier. « C’est une recette familiale avec un ingrédient secret, c’est ce petit plus qui donne le goût mais je n’ai pas le droit de le dire » m’indique du bout des lèvres, Fabrice, le patron du chalet. L’idée est, avant tout, de partager un moment convivial autour d’un verre, un « moment de détente entre copines ou même avec les enfants » estime Selena, la trentaine.

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Quatre tonneaux sont d’ailleurs mis à disposition des clients devant le stand pour siroter leur verre et apprécier l’ambiance chaleureuse du marché. C’est aussi ça « fêter la tradition de Noël » selon Jacqueline. Se saouler au stand du vin chaud n’est donc pas l’objectif de la plupart des clients. A l’évocation d’un verre de vin chaud, certains n’hésitent pas à répondre « plutôt en début d’après-midi après manger, là j’ai envie d’un bon apéro ».

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Ça testeLa mer à boire

Salon de thé aixois : 60 (nuances) degrés

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Vous l’avez remarqué, la fraîcheur arrive petit à petit sur Aix. Alors Fanny notre bulle d’énergie a testé de la tisane. Oui car les deux mots vont bien ensemble… la tisane est en vogue, en voici la preuve !

14322609_10208630426051689_6674054257462038761_nAix en Provence. Mardi 4 octobre, 10h05. Les serveurs des bars s’activent place de la mairie et zigzaguent entre les tables. Le temps est grisâtre et les prémices du mistral aixois se font sentir. Je passe mon chemin et m’arrête au numéro 6 de la rue Paul Bert : mon coup de cœur de la semaine, la tisanerie « 60 degrés ».

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Fan de thé et de tisane (il n’y a décidément pas d’âge pour ce breuvage), je découvre un salon de thé tout à fait original en plein cœur de la ville. La déco est soignée, les matières et les couleurs sont en parfaite harmonie, le bois du comptoir est en adéquation avec les tons de gris des tables et coussins, l’ambiance est scandinave. Je m’installe dans la petite salle du fond, Aurélien, l’un des deux gérants vient à ma rencontre. Je choisis de tester la tisane intitulée « Tonifiante », propice en cette matinée engourdie.

L’idée, selon Aurélien, est de moderniser l’image de la tisane car elle est souvent associée dans l’imaginaire collectif à quelque chose de vieux, de traditionnel et se trouve généralement réduite à deux saveurs : la camomille et la verveine. Là, les produits sont bios, et les mélanges sont détonants. Celle que j’ai choisie consiste en une infusion de rooibos, de maté vert, d’écorces d’orange et de cacao, de piment, de pétales de rose de vanille et de tranches de fraises ; le tout servi sur un plateau en bois fabriqué sur mesure et un service à thé composé de pièces uniques. « On a décidé de mettre l’accent sur la présentation », m’indique Aurélien. La tisane s’accompagne d’un peu de miel et d’un sablier pour indiquer aux clients le temps d’infusion propre à chaque tisane. Tout est minutieusement calculé pour assurer leur bien-être.

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Par ailleurs, les deux aixois souhaitaient casser les codes traditionnels des salons de thé, généralement envisagés à l’oriental. Ici, cette tisanerie moderne, ouverte depuis octobre 2015, se réfère davantage à une atmosphère occidentale, c’est un endroit qui joue avec la lumière, le mobilier ; tout tourne autour de cette atmosphère de bois et de tisane. Aurélien me précise également qu’ils proposent des formules petits dej’ avec des cookies vegan notamment, des formules déjeuners et un concept révolutionnaire : des tisanes à emporter !

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Je quitte la tisanerie sur une note glacée mais fruitée, « 60 degrés » s’initie depuis peu aux tisanes froides et je viens de goûter une des spécialités de la maison à la framboise. Enfin, bonne nouvelle ; leur site internet sera achevé à la fin du mois d’octobre et les amateurs d’infusion en tout genre pourront commander en ligne leurs produits bios et pleins de vertus. Mens sana in corpore sano !

Les petits + d’ICM :

  • Et les prix alors ? Abordables ! De 3,50€ à 6€ la tisane suivant les spécificités (Fruités, multi-feuilles…). Des formules petits déjeuners sont proposées (à partir de 5€) et déjeuner (11€). Les pâtisseries sont comprises généralement entre 3 et 4€.
  • Le site internet débarque d’ici quelques semaines en cliquant sur ce logo !

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Le jardin d’Amalula, un paradis au coeur d’Aix

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Chaque soir à 19h00, un nouvel article apparaît comme par magie ! De quoi se décoller de TPMP ou des bouchons sur le périph’! Fanny, notre bulle d’énergie de 23 ans s’est offert une pause dans un pays des merveilles, un jardin d’Eden aux mets savoureux. Vous la suivez ?

Début septembre, l’air est encore très doux dans les allées d’Aix en Provence. Allons nous poser dans un cocon de bien-être. Comme son nom le laisse deviner, Le jardin d’Amalula est un lieu qui offre un cadre agréable et verdoyant pour se restaurer. Située en bas de la rue Mignet, l’entrée ne paye pourtant pas de mine… Il faut traverser un couloir étroit pour accéder à ce petit restaurant qui se décline sous forme de deux salles et d’un patio. Quelle surprise de découvrir un jardin d’Eden en plein cœur de la ville !

Sans hésitation (et avec la complicité de la maîtresse des lieux, tout sourire), je traverse la salle du restaurant pour aller m’installer à l’ombre dans le patio, critère indispensable en ces temps de canicule…

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Le jardin semble coupé du monde extérieur et de toutes les sonorités urbaines. C’est avec calme et sérénité que je m’applique à choisir mon plat. Produits frais, tartines salées gourmandes et raffinées ainsi que les desserts maison sont autant d’ingrédients qui mettent l’eau à la bouche. Mon cœur balance et tergiverse entre deux tartines: la Biarrote (Fromage de brebis, jambon Serrano et tomates confites) m’a conquise à la première lecture du menu mais la Provençale (Fromage de brousse, confiture de fruits rouges, figues séchées, tomates séchées, jambon de Parme), plus raffinée, suscite ma curiosité gustative. Je décide, néanmoins, de suivre ma première intuition et commande une Biarrote.

Le jeune serveur flaire mon attitude hésitante et conforte mon opinion en me vantant les mérites du fromage de brebis. Les membres du groupe à la table d’à côté ont une discussion animée ; costards cravates pour les hommes, jupes crayon pour les femmes, je présume qu’ils sont venus prendre leur pause déjeuner dans ce cadre délicieux pour les sens. Leurs salades sont copieuses, l’odeur de la mer avec les sardines à l’huile d’olive dans l’une d’elles attire mon attention mais c’est l’explosion de couleurs de la salade niçoise avec les poivrons, concombres, radis et olives qui attise les braises de mon appétit.

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La dégustation se révèle à la hauteur de mes espérances. Les tomates confites se marient parfaitement avec le fromage de brebis, et le jambon Serrano apporte une touche salée au palais. Petit plus : un peu toastée, la tartine dévoile un fromage fondant… Un petit peu en retard, je commande rapidement un crumble aux pommes et aux fruits rouges, mon péché mignon. Servi tiède, il procure mille et une sensations qui régalent mes papilles. L’acidité des fruits rouges est contrebalancée par le goût sucré de la pomme et de la pâte qui s’émiette sous la langue.

Un plat gourmand et un dessert acidulé pour la somme de 21 euros. En résumé, une excellente adresse pour une pause gustative sans prise de tête mais toute en saveurs !

  • adresse: 7, rue Mignet
  • prix moyen: 21 euros

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