La rédaction

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Une ruelle oubliée, ou plus loin, un coin de Provence à faire briller... J'aime profondément Aix en Provence et la région. Suivez-moi dans mes bonnes adresses et surprises en Pays d'Aix ! Rédac chef de cette fabuleuse aventure et fondateur du site en septembre 2016 ! Par ailleurs, je propose des services en communication digitale originale pour les commerçants et professionnels du tourisme en Pays d'Aix : www.monroadtripenprovence.fr (Community management / Ecriture "sensorielle" / Atelier de réseaux sociaux 2018, département 13, 84, 04)

Jean Yves le Prof

Aix, attraction des parisiens depuis la nuit des temps ?

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Quel plaisir de retrouver Jean Yves, notre prof aux 80 000 étudiants aixois qui prête aujourd’hui sa plume pour nous conter à sa manière l’Aix d’autrefois avec de savoureux morceaux de jeunesse estudiantine.

Si Aix a servi bien souvent de décor au cinéma, la littérature s’est encore plus emparée de notre ville. Une charmante vieille dame, décédée en 2012, Marcelle Chirac (non, pas Bernadette, ceci n’est pas un article politique), qui était professeur de littérature à l’Université d’Aix-Marseille, avait publié un magnifique ouvrage (Deux tomes, avec des illustrations splendides sur Aix) « Aix-en-Provence à travers la Littérature française ». La ville a fasciné les écrivains, à tous les siècles. Lui empruntant quelques citations, nous allons faire aujourd’hui un voyage au 17° siècle. Est-il si différent du nôtre ?

Se présentant comme un « Parisien », Jean-Jacques Bouchard raconte son passage à Aix, dans son « Voyage de Paris à Rome en 1630 ». En bon Parisien, il daigne admettre qu’après Paris il « n’a point vu de plus superbe, ni de plus gentille ville » et vante l’élégance des Aixoises, car à Aix « Les femmes despensent extrêmement en habits ». Mais quelque chose le chagrine, car pour lui Aix a « seulement » un défaut : « L’usage des fosses de privez n’y estant point reçue, il faut aller faire ses affaires sur le toit des maisons ; ce qui empuantit fort les logis et mesme la ville, principalement lorsqu’il pleut, l’eau entrainant dans la rue toute cette ordure, de sorte qu’il fait fort mauvais cheminer en ces temps-là. Aussi dit-on au païs qu’à Aix il pleut merde ». Mauvais esprit sans doute d’un Parisien, qui regretterait ses propos aujourd’hui, surtout depuis qu’avec le TGV, Paris n’est plus que la banlieue d’Aix.

Plus aimable, le Marquis de Préchac, un autre Parisien, publie en 1683 « La relation d’un voyage fait en Provence ». Il commence par trouver qu’on « se divertit à Aix mieux qu’en tout autre lieu de la province ». Pour lui, les fontaines qui décorent le Cours (déjà !) font de cette ville « une des plus agréables de France ». Il observe que si les gens de qualité de la ville se promènent « en carrosse » l’après-midi sur le Cours, le soir ils le font « à pied ». De plus à Aix « les dames y sont magnifiques et grandes joueuses » et les gentilshommes y ont « infiniment d’esprit, beaucoup d’enjouement et beaucoup de cœur ». Cependant, en bon Parisien, il est un peu surpris de la vivacité des méridionaux et trouve les Aixois « un peu trop emportés ». Mais il a son explication : c’est sans doute, selon lui, « l’effet de la trop grande ardeur qui les échauffe et de la violence de leur vin ». Les vignerons des Coteaux d’Aix apprécieront !

A la fin du 17°, en 1699, J. Dumont publie un voyage en Provence et Languedoc. Heureusement, d’emblée, il évoque autour d’Aix la « belle campagne fertile en bons vins ». Il est un des premiers à parler des « personnes de qualité » qui possèdent les belles maisons qui bordent le Cours (Le quartier Mazarin, avec ses hôtels particuliers, a été créé quelques décennies plus tôt). Il suppose qu’ils « aiment mieux demeurer là qu’ailleurs, à cause de l’agréable vue et de la commodité de la promenade ». Mais, observant que « tous les soirs » le Cours devient « le rendez-vous général du beau monde », il fait une observation qui laisserait aujourd’hui Peter Mayle perplexe : « On y voit des femmes bien faites, mais il faut avouer que dans cette Ville, les hommes surpassent les femmes en beauté. C’est une merveille de voir les jeunes Gentilshommes d’Aix, il y en a dix ou douze, entr’autres qui ne le cèdent point aux plus charmantes Dames. Ce sont des teints de lis et de roses, des yeux de feu et des bouches admirables, enfin des Adolphes et des Jocondes. C’est aussi ce qui fait dire communément en Provence au sujet de la beauté « Hommes d’Aix et Femmes de Marseille ». Les Aixoises apprécieront, ou se consoleront en relisant la description des étudiantes d’Aix, par Peter Mayle ; quant aux garçons, ils apprécieront sans doute le compliment, tout en s’interrogeront sur ce vif intérêt pour les garçons, en un siècle où on n’affirmait guère publiquement ce genre de penchant !

On ne peut évidemment quitter ce 17° siècle Aixois, sans citer madame de Sévigné. Elle parle d’Aix d’une manière un peu décevante pour nous, La beauté des monuments ne la dépayse guère, elle qui est habitée à ce type de décor. Mais elle s’intéresse à Aix, car sa fille y réside souvent. Pourtant, elle commet d’emblée un impair qui hérissera de nombreux Aixois : elle préfère Marseille et ses « aventuriers » : « Je demande pardon à Aix. Mais Marseille est bien plus jolie ». Certes, elle essaie de se racheter en appréciant beaucoup le ciel d’Aix : « votre soleil est bien différent de celui-ci » (celui de Paris). Et d’ailleurs elle conseille à sa fille de passer l’hiver à Aix plus que dans la Drôme : « Si vous voulez m’en croire, vous demeurerez fort bien à Aix jusqu’à Pâques ; le Carême y est plus doux qu’à Grignan ».

Elle s’inquiète de ce qu’on joue beaucoup à Aix, ce qui est dangereux pour les finances de son gendre ; mais pas seulement pour ses finances, car elle trouve aussi que l’amour est une des occupations favorites de la société aixoise et son gendre a la réputation d’un coureur de jupons et de beautés provençales. Mais elle en parle d’une manière surprenante pour une belle-mère : « M. de Grignan se trouve abandonné parce qu’il n’avait à Aix que trois maîtresses, qui toutes lui ont manqué ; on ne peut avoir une trop grande provision ; qui n’en a que trois n’en a point ». Voilà une belle-mère d’avant-garde !

Que retenir de ce petit voyage au 17° siècle ? Est-il si différent du nôtre ? Le soleil et le bon vin, les jeux de l’amour et du hasard, les promenades sur le Cours (qui s’appelle encore Cours à carrosses, il faudra attendre deux siècles pour qu’il devienne Mirabeau), les fontaines et la beauté des Aixoises (ou des Aixois). Quant aux petits coups de patte entre Paris et Aix ou Marseille et Aix, il y a longtemps qu’ils font partie du décor !

Jean Yves Naudet

Aix En Gif

Aix en Gif #4 spécial intempéries

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Sortez les k-way ! C’est l’heure d’un nouvel épisode d’Aix en Gif spécial intempéries (Sérieux, vous mettez encore des K-way à la rédac’ ?). Il faut dire que nous venons de sortir de 48h de flotte consécutive, l’occasion était trop belle d’en imaginer le quotidien en images.

Ta réaction quand après 2 interminables jours de pluie, tu regardes par la fenêtre, au petit matin, fébrile, le temps qu’il va faire aujourd’hui

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Quand tu vois se former 36 kilomètres de bouchons entre Aix et Marseille pour trois gouttes sur la route

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Quand tu revois enfin le soleil par la fenêtre

Cheezburger happy page animal dogs

Quand tu vois la neige tomber dans les Alpes et que tu sais que ce weekend, tu pars au ski à Vars

happy excited super applause clapping

Quand tu croises sur Aix, 3 chasses neige contents d’être là, pour 2 flocons sur la route

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La réaction de ton pote parisien quand tu lui dis qu’à Aix, il fait beau 300 jours par an

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Retrouvez tous les épisodes d’Aix en Gif par ici !

Ça se débrouille

Les travaux dans les facs d’Aix : on en est où ?

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Lire, flâner, étudier, se restaurer… Et si on faisait un point sur l’avancée des travaux dans les campus aixois ? 

La construction d’un parking à la fac de lettres : √ c’est terminé !

Depuis septembre 2015, le parking de 300 places a ouvert ses places pour le personnel. Cet édifice marque le coup d’envoi de toute une série de travaux.

Les espaces extérieurs : √ c’est en bonne voie !

En ce moment, à la fac de droit, à la place des roseraies (qui devraient reprendre leurs place en septembre 2017) se trouve des préfabriqués. Très bientôt, une « Voyale », chemin reliant la fac de Droit aux amphis de lettres verra le jour. Encore un peu de patience !

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La BU de la fac de Droit et d’Eco : √ pour l’automne 2017 !

Coquille vide depuis l’année dernière, l’oeuvre de l’architecte « Fernand Puillon » labellisée « Patrimoine du XX siècle » en 2006 (merci pour ce petit moment d’histoire qui fait toujours plaisir) est en train de faire peau neuve. Encore une petite année pour déambuler dans un espace à la pointe de la modernité !

 

Le restaurant de la fac de Droit : √ ouvert depuis la rentrée 2016. Partie cafétéria en cours de finalisation !

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Ce tout nouveau restaurant a été érigé à la place du parking du personnel et de l’amphithéâtre Boulan, qui était en sous-sol. D’une capacité avoisinant les 400 places, c’est un pari réussi par rapport à l’ancien espace qui comptait deux fois moins de place. Mais tout n’est pas terminé : une partie terrasse et cafétéria est encore en construction, il faudra patienter jusqu’en 2017 !

La fac de lettres rénovée : c’est en cours !

Qui n’est jamais passé devant les bâtiments très vieillissants de la fac de lettres et des couloirs aussi pratiques que les labyrinthes d’Harry Potter et la Coupe de Feu ? C’est bientôt un lointain souvenir. D’ici quelques trimestres, tout sera en effet rénové, des amphis à la petite cafétaria des Lettres, en passant par tous les étages. Du sol au plafond, les Lettres font redorer leurs lettres de noblesse en matière de décor ! Sources et photos : http://operation-campus-aix.univ-amu.fr/

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L'attrape-rêves

2052, l’année où j’ai survolé la Provence du futur

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Juin 2052. Je suis à la fois fébrile et allègre aujourd’hui. Grâce aux progrès vertigineux de la médecine, je vais pouvoir m’envoler de mes propres « ailes », comme quelques dizaines de privilégiés amoureux de la Provence, pour la première fois dans les airs. Une chance inespérée de pouvoir, à 63 ans, prendre de la hauteur et voguer de villages en villages, à l’ombre des souvenirs.

Six heures du matin dans la plus grande discrétion. Voilà trois nuits que je ne ferme pas l’œil, pourtant une étrange force me fait remonter d’un pas rapide le Cours Mirabeau. L’air est frais, inhabituel. Avoir à peine 28°c en fin de nuit devient rare de nos jours. Me voilà arrivé aux 4 Dauphins. J’ai été tiré au sort pour « l’envol » : grâce à un bain spécial pris, habillé, dans une des fontaines magiques d’Aix en Provence, je vais être allégé pour quelques heures et marcher dans les plates bandes des oiseaux du Midi.

L’envol

6h11. C’est donc vrai ce qu’on dit sur les vols. C’est donc vrai ce qu’on vit parfois dans nos rêves où on se surprend à flotter dans les airs. La sensation est la même, intense. Mes pieds se décollent du sol. Bientôt me voici au dessus des toits d’Aix. La nuit joue les prolongations et mes sens sont décuplés. Je ne touche plus terre. Il est l’heure de nager, car contrairement aux oiseaux, il nous est plus facile de tenter une brasse dans les airs que de se prendre pour un albatros, vous vérifierez dans vos songes, vous qui me lisez de l’année 2016. Patience. Votre tour viendra.

Les souvenirs

6h44. L’aube mandarine s’écaille vers l’Est. Je virevolte vers le Luberon. J’y retrouve des villages familiers, théâtres éphémères de passions passées. Rustrel et ses bâtisses rougeoyantes sirotent bientôt les premières gorgées de soleil. Je me souviens alors des années 2010, quand je faisais visiter aux charmantes filles de Provence des bouts du Monde à quelques pas de chez nous. Ces terrasses qui me paraissent aujourd’hui si petites, où les discussions pleuvaient en même temps que les sourires. Ces cigales qui vues d’en haut, récitent leurs symphonies en se gardant bien de se montrer. Ces panneaux lumineux où Apt et Sault jouent à saute moutons. Ces vignes, amandiers et figuiers qui s’organisent des banquets, souvenirs de printemps juteux et charnels. Ces villages perchés du matin que je surplombe, paraissent si escargotés, et je ne fais, je vous jure, aucune coquille dans ce mot inventé.

La mélancolie

Je ne sais pas où ce voyage me mène. Voir ces routes arpentées en long en large et en travers, me paraissent à la fois familières et étrangères vue du ciel. Je flotte au gré des paysages du Haut Vaucluse, chassé bientôt par le mistral qui me fourvoie vers les chevalets mauve de Valensole. Sainte-Croix du Verdon scintillent au loin. Le temps n’a pas d’effets ici depuis des siècles. A peine quelques drones sautillent dans les jardins suspendus au dessus des lagons miniatures. J’ai à nouveau vingt, trente ans dans mes gestes et mon esprit, comme si le poids de l’âge n’avait aucune prise à six cent vingt trois mètres d’altitude.

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Je me rappelle alors des batailles de pédalos dans les gorges de ces eaux varoises. Avec les amis d’hier. Rien n’a changé. Sauf les rides. Sauf le temps. Sauf la sensation de vivre l’aurore du crépuscule de ma vie avec des images qui m’en rappellent l’aube. Ne serait-ce pas ça le zénith ? La plénitude ? Voler au dessus de la Provence me fait un bien fou.

La deuxième partie à suivre mardi 29 novembre à 19h00…

Rue du miam

Nos calissons aixois sont uniques et le resteront

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On l’a appris il y a quelques jours, notre losange gourmand en bouche, qui laisse éclater sur nos papilles des arômes de fruits confits et d’amandes, pourrait bien devenir en partie chinois. Un entrepreneur de l’Empire du Milieu a eu l’étrange idée de déposer la marque « Les Calissons d’Aix » en Asie. L’occasion de rappeler que notre confiserie que nous aimons partager doit selon nous rester ancrée dans notre jolie Provence. 

Une confiserie à l’origine délicieusement mystérieuse

Car l’histoire des calissons est truffée de légendes et de rebondissements. Remontons en septembre 1454 et posons nos yeux sur un magnifique mariage. Celui du Comte de Provence de l’époque, le Roi René d’Anjou et Jeanne de Laval. En coulisses, le confiseur de la cour s’affaire en coulisses sur une nouvelle création appelée « Di Cali Soun ». A la première bouchée, la nouvelle reine fond littéralement de plaisir face à cette délicieuse confiserie. La Cour du Roi René et sa pléiade de seigneuries venues de tous horizons (angevins, lorrains, italiens…) est l’endroit idéal pour faire connaître ce nouveau « dessert ». Au fil des siècles, entre l’essor des amandiers, la fin de la Peste et les calissons en récompense en fin de messe, puis les premières usines, le calisson a façonné l’histoire d’Aix et de sa région.

Et aujourd’hui, les calissons font le charme et le plaisir de toute une région. Qui n’a jamais offert à des amis venus de loin une petite boîte de douceurs ? Toutes les générations apprécient cette confiserie. Ces fabrications sucrées suivent des règles ancestrales et sont ancrées dans nos mémoires. Le calisson est unique. Provençal. Aixois. Pour tous. Mais bien de chez nous.

Ça se débrouille

12 astuces pour survivre au froid sur Aix

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Vous l’avez vu ce matin : pas plus de 5°c en ouvrant la fenêtre. Les prochains mois s’annoncent froid sur Aix, l’occasion de sortir l’artillerie lourde face aux frimas de l’hiver aixois.

  1. Faire le plein de thés : on a testé 5 adresses réconfortantes pour les amoureux du thé
  2. Se réfugier autour d’un bon bouquin à la Méjanes que Nina a testé pour vous !
  3. Se dire qu’on est à moins de 1h45 des premières pistes de ski !
  4. Se dire qu’en novembre, on vous fera découvrir les meilleurs fromagers et cavistes d’Aix !
  5. Se dire que les 2 infos précédentes réunies équivalent à envisager sérieusement une raclette !
  6. Préparer un noël chocolaté grâce à des stages de chocolat sur Aix que Charlotte a testé !
  7. Participer à la Coupe du Monde de Quidditch sur Aix pour se réchauffer l’esprit
  8. Se caler au chaud tranquillement devant la saison 1 d’Aix en Gif
  9. Se rappeler que la Provence, même l’hiver, vous procure 13 sensations uniques
  10. Randonner l’esprit léger sur la Sainte Victoire, où 12 photos vont finir de vous convaincre
  11. Se caler dans un cocon de chaleur et de gourmandise, le Coco Bohème testé pour vous !
  12. Tester la Fontaine d’Argent, un café théâtre aixois réconfortant les soirs d’hiver
Bonus : et puisqu’on veut pas vous laisser sur votre faim, voici 11 adresses coups de cœur en vrac qu’on adore sur Aix et qui vous réchaufferont à coup sûr !

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Et pour finir, un petit mot sur les volontaires d’Action Anfi Froid Aix en Provence qui font un boulot remarquable pour aider les personnes dans le besoin tout l’hiver. Les rejoindre.

Et vous les amis, quelles sont vos astuces pour passer un hiver chaleureux au cœur d’Aix ?
Ça flane

13 sensations à vivre uniquement en Provence

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Hè Bè Aix en Provence est plutôt chanceuse. Elle a les pieds dans une région qui pour moi, est l’une des plus belles du Monde. 13 preuves en 13 verbes pardi !

C’est parti !

1. S’enivrer d’anis et d’amis sur les terrasses

2. Croquer en jambes, dans les randonnées de la Sainte Victoire

3. Fondre comme neige dans les Alpes

4. Griller sous le soleil ardent, les grillons dans les pinèdes 

5. Piquer une tête dans le Verdon, frais comme des gardons

6. Se souvenir des balettis que nous les jeunes n’avons jamais connus

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7. S’étourdir sous les pins parasols, en faisant les marioles

8. Se prendre des vents les jours de mistral

9. Sourire à la vie et à l’aïoli

10. Humer le romarin sans penser aux lendemains

11. Se prendre en selfie dans les champs de lavandins

12. Passer un pacte avec le beau temps, 300 jours par an

13. Se percher, se pencher, s’épancher de bonheur

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Jean Yves le Prof

Aix et ses étudiants depuis 1409… Je t’aime moi non plus ?

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Jean-Yves Le Prof. Tous les mois, un regard différent sur la vie étudiante d’hier, d’aujourd’hui et de demain, avec la participation de Jean-Yves Naudet, le prof aux 80 000 étudiants à Aix.

L’Université, notamment sa Faculté de droit, est présente à Aix depuis 1409 ; elle a été créée par une bulle du pape Alexandre V (un antipape, au moment du grand schisme d’Occident, le pape de Pise, face à ceux d’Avignon et de Rome, mais que le pape de Rome, l’unité retrouvée, a eu l’intelligence de confirmer), à la demande de Louis II d’Anjou, Comte de Provence, le père de notre bon Roi René (et d’ailleurs l’année de la naissance de celui-ci).

Encore fallait-il y attirer des étudiants.

Dès 1413 est publiée la lettre suivante, diffusée partout par des messagers royaux, ceux de Louis II, comte de Provence, mais aussi roi de Sicile et de Jérusalem :

« A Aix, l’air est salubre et les ressources en vivres très abondantes ; point de risque de famine, point de crainte de peste ; à Aix il n’y a pas à redouter les violences et les rixes, si fréquentes ailleurs ; les habitants sont d’humeur affable et paisible, enfin, on trouve en cette ville, comme chacun sait, un grand nombre de savantes personnes non seulement en droit ou théologie, mais encore en toutes autres sciences ; en un mot, il n’est point de séjour plus propice à l’ étude ».

On ne ferait pas mieux aujourd’hui en matière de « com. »., et le Doyen de la Faculté de droit comme la Maire d’Aix n’auraient, je pense, guère de mots à changer ! Il faut ajouter que la bulle du pape, créant l’université d‘Aix, prévoyait que les étudiants et leurs professeurs « jouiraient des privilèges, libertés et immunités accordées par le Saint-Siège aux universités de Paris et Toulouse ». Aix, au niveau de Paris, mais le soleil en plus !

Les statuts de l’Université comportaient un grand nombre de dispositions concernant les fêtes et les banquets, à côté de celles portant sur les examens. Cela concernait des cortèges à cheval, avec fifres et tambourins, et même des bals donnés « à des dames honnêtes » précise le texte. Le recteur lui-même pouvait conduire le charivari, lors de mariages de membres de l’université, avec poêles, chaudrons et casseroles, si les mariés oubliaient de payer le droit à la caisse universitaire.

Ces arguments étaient essentiels pour attirer les étudiants : études et loisirs en même temps, mais sans excès, car il fallait persuader les parents aussi, ce qu’essaiera de faire, beaucoup plus tard, en 1843, Aude, le maire d’Aix :

« Aix a l’avantage de ne pas offrir aux jeunes gens les inconvénients des grandes villes, ils ne trouvent point ici les moyens de dissipation qui peuvent leur faire négliger leurs études ni se livrer à des désordres dont leurs familles ont trop souvent à gémir ».

De quoi rassurer les parents ! Mais pas Emile Zola qui, en 1884, dans une nouvelle intitulée Naïs Micoulin, jette un autre regard sur la vie universitaire aixoise :

« Aix possède une école de droit renommée, où le fils Rostand prit naturellement ses inscriptions. Dans cette ancienne ville parlementaire, il n’y a guère que des avocats, des notaires et des avoués, groupés là autour de la Cour. On y fait son droit quand même, quitte ensuite à planter tranquillement ses choux. Il continua d’ailleurs sa vie du collège, travaillant le moins possible, tâchant simplement de faire croire qu’il travaillait beaucoup. Mme Rostand, à son grand regret, avait dû lui accorder plus de liberté. Maintenant, il sortait quand il voulait, et n’était tenu qu’à se trouver là aux heures des repas ; le soir, il devait rentrer à neuf heures, excepté les jours où on lui permettait le théâtre. Alors, commença pour lui cette vie d’étudiant de province, si monotone, si pleine de vices, lorsqu’elle n’est pas entièrement donnée au travail.

Il faut connaître Aix, la tranquillité de ses rues où l’herbe pousse, le sommeil qui endort la ville entière, pour comprendre quelle existence vide y mènent les étudiants. Ceux qui travaillent ont la ressource de tuer les heures devant leurs livres. Mais ceux qui se refusent à suivre sérieusement les cours n’ont d’autres refuges, pour se désennuyer, que les cafés, où l’on joue, et certaines maisons, où l’on fait pis encore. Le jeune homme se trouva être un joueur passionné ; il passait au jeu la plupart de ses soirées, et les achevait ailleurs. Une sensualité de gamin échappé du collège le jetait dans les seules débauches que la ville pouvait offrir, une ville où manquaient les filles libres qui peuplent à Paris le quartier Latin. Lorsque ses soirées ne lui suffirent plus, il s’arrangea pour avoir également ses nuits, en volant une clé de la maison. De cette manière, il passa heureusement ses années de droit. ».

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Aix-Marseille Université en 2016… Déjà 6 siècles que les étudiants ont pris place à Aix !

Prévost-Paradol, alors professeur à la Fac de lettres, semble,  trente ans plus tôt, en 1855, avoir le même regard :

« Sans le travail, on mourrait ici d’ennui dans la solitude, ou d’impatience ».

Frédéric Mistral, étudiant en droit de 1848 à 1851, n’est pas beaucoup plus enthousiaste. Il avoue aussi qu’il « ne se surmène pas » ! Mais pour lui

Aix « a un renom de gravité et de tenue hautaine qui contraste avec l’allure provençale. Le grand air que lui donnent les beaux ombrages de son Cours, ses fontaines monumentales et ses hôtels nobiliaires, puis la quantité d’avocats, de magistrats, de professeurs, de gens de robe de tout ordre qu’on rencontre dans les rues, ne contribuent pas peu à l’aspect solennel, pour ne pas dire froid, qui la caractérise ».

Mais, en réalité, les étudiants s’amusent beaucoup, trop aux yeux de certains Aixois, ce qui conduit en 1821 le recteur d’Eymard à les défendre :

« Je ne sais par quelle fatalité tous les petits désordres qui peuvent avoir lieu sont attribués aux étudiants en Droit (…). Il s’en faut de beaucoup qu’ils soient les seuls jeunes gens qui aient les défauts de leur âge ».

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Salle de lecture des étudiants de la BU droit juste après sa construction. Image extraite de Guy de Tournadre, La Bibliothèque des facultés d’Aix-en-Provence. Droit et sciences économiques, lettres et sciences humaines, Aix-en-Provence, Université d’Aix-Marseille (s.d.) / Source Tresorsamu

Mais tous les Aixois ne se plaignent pas des étudiants, car certains en vivent, comme le souligne en 1839 un avocat, Joseph Alphandery

« Notre ville a besoin de sa Faculté, de ses étudiants, comme le pauvre a besoin de pain. Au milieu du vide qui l’entoure, l’habitant d’Aix sait ce que vaut l’élève en Droit ; il y tient sous plus d‘un rapport ».

Mais le même critique les étudiants, quand :

« Le repos, le farniente, l’existence végétative »  devient « le plus bel idéal du bonheur » et « le plus haut degré de liberté » ; car dès le lendemain de la rentrée « le cours l’a ennuyé, lui a servi d’opium, et il s’est bien promis de ne plus y mettre les pieds… Levé à dix heures du matin, il s’assied nonchalamment sur la porte d’un café (…) il boit, fume, cause, bâille, fait quelques parties de billard ; le soir vient, et il rôde dans les rues ». Alors, au moment des examens « notre jeune homme n’a pas ouvert encore son code ; il ne sait même pas la définition du mot Droit ; alors la nécessité stimule sa paresse, il ferme sa porte, il travaille nuit et jour pendant une semaine pour subir son examen à deux boules blanches et une noire ».

En effet, un décret de l’an XII sur les écoles de droit prévoit que chaque examinateur note en donnant une boule blanche ou noire et il faut une majorité de blanches pour réussir !

  1. F. Porte, en 1833, décrit cependant une activité chère aux étudiants, car il trouve les Aixoises très séduisantes :

« Des traits agréables, un beau teint et beaucoup d’amabilité, joints à toute la vivacité provençale » ; elles « brillent par leur esprit et leur aimable gaité » ajoute le dictionnaire de le Provence et L Mery conclut en 1837 « Aix est une ville de douces amourettes mélancoliques et solitaires ; ce sont des rues faites pour des rendez-vous ». Mais il recommande la fidélité, car, si l’étudiant amoureux adresse un regard à une autre jeune fille, « soyez assuré que quelqu’un l’aura vu ; si ce n’est un autre étudiant, ce sera un goguenard de cadet d’Aix, ou bien quelqu’une de ces bourgeoises éternellement aux aguets derrière leurs vitres »

Les étudiants aiment se promener dans les environs d’Aix, mais surtout ils se retrouvent dans les cafés à la mode, essentiellement sur le Cours, un arrêté de 1790 les obligeant à fermer en hiver à 10 heures du soir, en été à 11 heures. On trouve déjà 18 cafés en 1836. Mais les étudiants ne sont pas toujours sages ; ils ont, un jour, au début du XIXème siècle, amené un âne au cours du professeur Aude, qui, sans se démonter, leur cite en réponse l’Evangile, mais à l’envers « il vint parmi les siens et ils l’admirent au milieu d’eux ». De plus, le recteur d’Eymard  se plaint que les étudiants « peuvent faire des dégâts » et « lancent des pierres contre les portes ». Le Mémorial de 1840 proteste et s’interroge, en particulier face aux troubles estudiantins au cours des spectacles « Que fait la police ? » écrit-il ! La nuit, en sortant des cafés, les étudiants  font du bruit, du vacarme et, parfois même, s’ils ont trop bu, brisent des réverbères !

Résumons : les autorités aixoises cherchent à attirer et conserver les étudiants ; les Aixois les aiment bien, certains en vivent, mais d’autres -ou les mêmes- les trouvent bruyants ; on discute de l’horaire de fermeture des cafés ; certains étudiants désertent les cours et squattent les cafés ou préfèrent les manifs ; les Aixoises sont belles et les amourettes nombreuses ; les étudiants chahutent leurs profs et profitent du soleil ; la taille de la ville, ajoutée au climat de la Provence,  incite les uns à l’étude, les autres au farniente et à l’amusement ; la plupart aux deux en même temps ! Sommes-nous au 15ème, au 19ème ou au 21ème siècle ? Aux trois sans doute, car, comme le dit l’Ecclésiaste (I-9), « Ce qui a été, c’est ce qui sera, et ce qui s’est fait, c’est ce qui se fera, il n’y a rien de nouveau sous le soleil. ».

 

  • Les principales citations et informations de ce papier sont tirées d’une part de la « Leçon d’ouverture » prononcée vers 1950 par le professeur Aubenas, de la Faculté de droit d’Aix, d’autre part de l’article très documenté de Christiane Derobert-Ratel, « Aspects de la vie des étudiants en droit aixois dans la première moitié du XIXème siècle », Revue de la Recherche Juridique, PUAM, 1997-2
Ça se débrouille

Prévisions météo sur Aix : premières neiges sur la Sainte Victoire ?

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Vous allez faire venir de la famille dans le Sud ? Vous souhaitez savoir à l’avance le temps qu’il fera dans les prochains jours ? On vous a débusqué les tendances météo ultra-locales des prochaines semaines ! 

Et pour ouvrir cette nouvelle pastille de la rubrique « ça se débrouille », du lourd est prévu : une offensive hivernale radicale en début de mois avec les premiers flocons dans la région !

A partir du vendredi o5 novembre : dégringolade des températures et retour de la pluie sur Aix en Provence

Les platanes aixois vont perdre leurs dernières feuilles avec l’arrivée de l’humidité et de la fraîcheur ! Un weekend a priori très agité sera au programme. De quoi partir tester 5 adresses réconfortantes de thés dans la ville. Côté températures, comptez 17°c samedi et 15°c dimanche. Dans la nuit de dimanche à lundi, quelques flocons pourraient voltiger au dessus de 1000 mètres sur la Sainte Victoire.

Résumé des tendances météo du mois de novembre sur Aix
Résumé des tendances météo du mois de novembre sur Aix

A partir du mardi o9 novembre : retour du mistral et températures très froides pour la saison

La semaine prochaine, le mistral devrait faire son come-back dans la région, l’occasion rêvée pour se réfugier au salon de thé du Coco Bohème que nous avons testé ! Le soleil devrait refaire quelques apparitions tandis que le mercure devrait rester très frisquet ! Pas plus de 9°c en ressenti l’après midi au milieu de semaine prochaine, très en dessous des normes de saison. A cette époque de l’année, les étudiantes flâneuses du Cours Mirabeau devraient profiter d’un joli 16°c, on en sera loin !

Et la suite ? Vers une fin de mois plus douce ?

Autour du 15 novembre, nous devrions avoir une poursuite d’un temps plutôt frais mais plus sec.

Ce sera le moment de se concocter des weekends magnifiques d’arrière-saison, on vous file d’ailleurs 3 idées de weekends pour les petits budgets en novembre.

Nos tendances seront actualisées tous les mercredis matins. Il ne s’agit que de prévisions dans les grandes lignes après compilation de diverses sources publiques : Meteo France, Guillaume Séchet, La Chaine Météo, Infoclimat, La Météo du 13. 

Ça testeRue du miam

O’Bagel, un délice pour une bouchée de pain

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« 0,15€ le bagel » non, on avait dit plus de blague sur le pain au chocolat, c’est pas vrai, vous pouvez pas vous empêcher ? Il nous reste les jeux de mots, et de ce côté là, l’article du jour nous a donné du pain sur la planche, mais goûtez-y les yeux fermés avec Fanny, notre exploratrice aixoise, ça ne mange pas de pain ! (Sors…)

L’envie d’un bagel vient de manière inopinée… C’est ce genre d’envie qui s’immisce dans l’esprit et ne part pas avant d’avoir été assouvie car on s’imagine tous les types d’ingrédients que l’on pourrait marier. En tout cas, ce petit pain rond au levain originaire d’Europe centrale fait des ravages dans la cité aixoise.

Les grandes marques se disputent le monopole du bagel, mais pour moi, une seule a réussi à asseoir sa légitimité de manière incontestable. O’Bagel, situé dans une impasse perpendiculaire à la rue Gaston de Saporta abondamment fréquentée, offre à la fois un extérieur avec quelques tables et un intérieur tendance et confortable. Souvent les étudiants et des jeunes hommes en costume-cravate font la queue devant cette petite enseigne.

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« Petite faim, Formule 1 », telle pourrait être mon leitmotiv quand je m’y rends. Cette formule à 7,90 euros propose un bagel au choix accompagné d’une boisson. Jusqu’ici rien d’original, vous allez me dire… C’est sans compter les bagels préparés avec soin par notre jeune couple Laetitia et Polo. C’est au printemps 2013 que les deux associés décident de tenter l’expérience du bagel, concept originaire de New York. Tous deux héritiers d’une passion culinaire de type familiale, leurs bagels sont confectionnés avec des produits frais, des légumes du marché (situé place Richelme) et de la charcuterie du boucher travaillée sur place sous nos petits yeux gourmands. Sans oublier de mentionner les gâteaux, cupcakes, cookies réalisées par Laetitia, petite fille de pâtissiers aixois (tout s’explique…).

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Petit détail atypique, chaque bagel porte le prénom d’un membre de leurs familles ou amis qui les ont aidés à concrétiser ce projet. Je remercie donc Lolotte qui a donné son prénom a un des meilleurs bagels d’Aix en Provence selon moi : cream cheese, dinde fumée, confiture d’oignons, pickles (ou cornichons pour ceux qui ne sont pas bilingues), bacon, comté et salade, le tout servi dans un bagel nature.

Le Kepew bagel, n’a rien à lui envier : bagel sésame, guacamole, poulet rôti, tomate, cheddar, bacon, oignons rouges, salade et sa moutarde miel lui confèrent la seconde place. C’est notamment les associations originales et subtiles d’ingrédients qui érigent le O’Bagel en pole position. Une adresse à ne pas manquer pour tous les esprits culinairement curieux, O’Bagel étant la parfaite osmose entre culture américaine et gastronomie française.

O’Bagel, 4 rue Gibelin

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