La rédaction

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Une ruelle oubliée, ou plus loin, un coin de Provence à faire briller... J'aime profondément Aix en Provence et la région. Suivez-moi dans mes bonnes adresses et surprises en Pays d'Aix ! Rédac chef de cette fabuleuse aventure et fondateur du site en septembre 2016 ! Par ailleurs, je propose des services en communication digitale originale pour les commerçants et professionnels du tourisme en Pays d'Aix : www.monroadtripenprovence.fr (Community management / Ecriture "sensorielle" / Atelier de réseaux sociaux 2018, département 13, 84, 04)

Actu

Il Court Mirabeau, y-aura-t-il une troisième saison du blog en 2018-2019 ?

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Vous êtes une petite flopée à nous demander si le blog continuera en septembre pour une troisième saison ! Et la réponse est…

OUI 🙂

Saison 3 : davantage de lives et de portraits

La saison 1 du blog était portée sur les flâneries et les conseils du « bien vivre » aixois. La saison 2 a misé sur les bonnes adresses et l’actualité positive. Pour la saison 3, on continuera de mixer le trio « Actu, adresses et surprises » en y instillant quelques nouveautés : des portaits de personnalités aixoises et davantage de lives sur facebook et instagram. Snapchat devrait également compléter notre vitrine réseaux sociaux. Vous êtes désormais plus de 4800 à nous suivre sur l’ensemble des supports. C’est inespéré et c’est pour vous qu’on continuera !

Les candidatures d’ores et déjà ouvertes

Vous pouvez d’ores et déjà envoyer vos candidatures pour la rentrée de septembre ! Il vous suffit d’être étudiant, ou jeune actif, d’apprécier l’écriture, et d’être libre quelques heures par mois pour rédiger un ou deux articles.

Nous misons surtout sur des personnalités atypiques, qui ont une vraie plume et une passion pour un thème en particulier (arts, sports, épicurisme, actualité…).

Pour porter vos candidatures, ça se passe en MP facebook d’ici le 30 juin !

Rue du miam

« 50 restos préférés des aixois d’Il Court Mirabeau 2018 » ! Et le grand gagnant est…

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Amis aixois, avec vos petites mains, vos papilles digitales (et vos souvenirs gourmands), vous avez mentionné 50 restaurants aixois sur nos réseaux sociaux. C’est donc vous qui avez sélectionné avec soin vos adresses favorites. Jusqu’au vendredi 20 avril 17h, vous avez voté pour le resto qui finira n°1 de ce classement !

Voici le résultat sur 584 votants ! Et merci tout plein pour les tonnes de messages chaleureux que nous avons reçus (on ne s’attendait pas à ça) ! Félicitations au Tuyau qui a fait notamment une belle campagne instagram !

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Jean Yves le Prof

Aix en Provence : est-elle encore aussi envoûtante que par le passé ?

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Chaque mois, Jean Yves Naudet, le prof aux 80 000 étudiants d’Aix en Provence, revient pour nous sur les grandes lignes historiques et estudiantines d’Aix en Provence. Une madeleine de Proust remise au goût du jour. Saison 2 Episode 8.

Poursuivons notre voyage dans « le merveilleux aixois » en compagnie de Marcelle Chirac. Après avoir vu le rôle des personnages historiques, pour forger « l’âme d’Aix », cherchons les raisons qui provoquent cet « envoutement » car, comme l’écrit Emile Henriot dans « Le diable à l’hôtel » : « Oui, cette ville a quelque chose d’ensorcelant et dispense un charme ». Ce mot de « charme », nous explique Marcelle Chirac, « revient sans cesse sous la plume de la plupart des romanciers et des poètes qui évoquent Aix ». Elle va jusqu’à dire que, statistiquement, chez de nombreux auteurs, c’est le mot qui revient le plus souvent !

Emile Henriot emploie le mot à toutes les pages du « Diable à l’hôtel ». « J’errais depuis à peine une heure par la ville, j’en subissais déjà le charme. Aix est charmante, me disais-je, je suis charmé. Ce mot de charme, en quelque sens qu’on le retourne ou qu’on le prenne est bien celui qui convient à exprimer le plus justement l’action d’Aix sur le passant. (…) Ce charme auquel nul…ne peut échapper ». « Ville captivante » ajoute-t-il dans un autre écrit. Les éléments de ce charme sont, pour Marcelle Chirac, « Lumière, soleil, vieilles pierres. Noblesse, distinction. Souvenirs, ombres du temps passé. Spectacles démodés, étranges, voire fantastiques-et, quelquefois, vieux fous, croisés dans les rues- se trouvent réunis ici comme pour créer un univers enchanté. Culte enfin rendu aux lettres et aux arts. Animation et jeunesse de la ville estudiantine. Bonhommie de l’Aixois ».

Parmi les mystérieux attraits d’Aix, il y a, prétend Emile Henriot, le bruit « envoutant » de l’eau qui jamais « ne se lasse de chanter sa chanson légère ». Et il ajoute « C’est un sortilège. Impossible de quitter cette ville ». Charme que les Aixois subissent sans le savoir, comme l’air qu’on respire, tandis que, pour Edmond Jaloux, le voyageur, lui, regrette de ne pouvoir vivre toujours, « dans ce refuge complet, ce coin secret que l’on ne voudrait plus quitter ». J-L. Vaudoyer, ce « Parisien de Paris » choisira Aix pour s’y installer, retrouvant la nature qui exerce son attrait « sur tout esprit cultivé » dans « la seule province de France qui se prête à être interprétée si fraternellement par quelqu’un d’étranger à son terroir ».

Francis Carco, dans « Instincts » décrit le Cours aux dernières lueurs du jour : « Les platanes, troués de soleil, s’immobilisent dans le soir. Rien ne bouge. La ville se recueille. Le café lui-même dispose à ces méditations. (…). Il ne faut plus bouger ; il ne faut plus remuer seulement la main. Il ne faut même pas abaisser une paupière…On entend aussi les fontaines harmonieuses dans le soir. Une buée les enveloppe…Le crépuscule accuse maintenant la musicalité compliquée des lignes des formes, des attitudes…Voilà que tout s’efface dans les fumées, on a l’impression d’être noyé de songe…Nous sommes le soir et c’est nous qui nous dispersons avec chaque feuille lorsque, dans le chavirement dernier de la lumière à l’horizon, des cloches sur la ville sonnent l’Angélus ».

Tout le monde ne partage pas cet enthousiasme ; certains, surtout pendant la période de la belle endormie (19° et début 20°siècles), trouvent la ville languissante, tandis que quelques amoureux d’Aix sont plus critiques…pour ses habitants. Le poète Gasquet, amoureux d’Aix lui aussi, va jusqu’à écrire dans « Narcisse » : « Nous avons la ville à nos pieds. Qu’elle est belle ainsi, sans les bélîtres qui l’habitent. (…) Il suffit de négliger ses habitants pour que la ville devienne adorable ». Mais beaucoup sont loin d’être aussi sévères avec les Aixois de l’époque. Quant à Louis Bertrand, après avoir dans sa jeunesse été nommé professeur à Aix, en 1888, et trouvé que dans cette ville « il semble que les morts aient chassé les vivants », il changera radicalement d’avis trente ans après, en 1918 (Aix-la-ressuscitée in Le soleil du Midi) : « Aix est une des villes les plus originales de France. Nulle part en province, on ne trouve un pareil ensemble d’architectures classiques, ni de plus grand style, ni de plus de caractère. Je n’ai pas la prétention, en ces quelques pages, de décrire cette noble et charmante ville. Le sujet est ample et magnifique ».

La littérature n’est pas en reste. Ecoutons à nouveau Marcelle Chirac dans « Aix-en-Provence à travers la littérature française » : « Séduction donc de haute qualité, celle qui est exercée par Aix ! Amour fondé sur une similitude d’esprit, communion d’âme entre qui aime et l’objet aimé : promesse de fidélité que n’ont point trahie ceux des poètes et des romanciers qui lui ont donné leur cœur. Combien de personnages imaginaires qui, créés par ces romanciers, éprouvent à l’égard de la ville d’Aix sympathie, affection, tendresse et qui, parfois même, envoûtés par elle, se modèlent, en quelque sorte, sur la ville qui les fascine jusqu’à les faire se confondre avec elle ».

Toutes les générations sont représentées dans la parade de la Marche des Rois
Toutes les générations sont représentées dans la parade de la Marche des Rois

Dans « Fumées » Edmond Jaloux fait dire à Raymond de Bruys « J’adorais cette ville et je la haïssais » (il avait 20 ans). « J’adorais d’être belle, endormie et comme glacée dans un songe archaïque, mais je la haïssais aussi, parce que j’étais son prisonnier et que, tant que j’y végéterais ainsi, rien de romanesque, ni de sublime ne m’arriverait. ». Edmond jaloux souligne « l’influence délicieuse et néfaste de cette ville…où il faut devenir un poète ou un maniaque ». Ce qu’Emile Henriot dans « Le diable à l’hôtel » traduit autrement : « Et cette ville même n’est-elle pas un parfait exemple de la vertu qu’a la matière inanimée sur les cœurs et les sens des hommes ». Ainsi Aix joue ce rôle sur les Aixois réels aussi bien que sur les créations romanesques.

Marcel Provence, qui a consacré sa vie à La Provence et à Aix, écrit dans la préface de « la Flore des rues d’Aix » d’Emile Lèbre : « Vous connaissez la ville d’Aix. ; vous savez l’éclat triomphal de son ciel. Au printemps, pressé par le mistral, il prend une gravité bleue implacable et sereine ; j’ai la mauvaise habitude de trop le regarder en marchand. Dieu merci ! les rues d’Aix sont peu fréquentées et ni la diligence de Vauvenargues, ni le charreton du libraire Dragon ne m’ont encore renversé. Au dernier printemps, j’entrais dans la rue Cardinale, regardant les corniches des vieux hôtels qui semblaient porter, tendu à craquer, le velours somptueux du ciel ; c’était au mois d’avril ; autour de la fontaine des Quatre-Dauphins, les marronniers ouvraient des parasols qui portaient suspendus des chandeliers de fleurs roses, des lustres de fleurs blanches nacrées ; je regardais les hôtels, le ciel, les arbres fleuris ; je cherchais à deviner au-dessus des hautes branches la flèche de Saint-Jean-de Malte ».

Edmond Jaloux fait dire à Cordouan, dans « Fumées dans la campagne », traduisant son propre sentiment, « Il n’y a qu’un pays au monde, c’est le vieux royaume de Provence et dans ce royaume une seule ville est habitable, c’est Aix…partout ailleurs la vie est infernale ». Et dans « L’incertaine », il fait dire à Louis de Boisberthe : « J’aime cette ville. Toutes les fois que j’en suis sorti, je n’ai su que m’ennuyer ». Quant aux vieux aixois, il les décrit ainsi, à propos de leur cité « dorée » : « Ils raffolaient de ses souvenirs, de sa distinction, de sa tristesse, ils étaient fiers de se dire Aixois, comme certains de leurs ancêtres d’être appelés citoyens romains ».

Cela ne signifie pas que tous aiment Aix. Marcelle Chirac a son explication : « Aix est un de ces objets d’art que l’on aime ou que l’on déteste, sans plus de nuances. D’une riche et subtile personnalité, elle ne saurait être comprise et appréciée de tous ». Mais alors, dit-elle, qui sont les amateurs d’Aix ? D’abord les chimériques et les rêveurs, ceux qui voient derrière les objets plus qu’il n’y a. Les esprits flâneurs, ceux qui connaissent le prix du carpe diem, «les artistes ou les poètes qui trouvent à Aix matière à idéaliser et goûtent l’harmonie ». Car Aix « sera surtout appréciée en fonction du mirage qu’elle créée chez certains êtres ; pour ceux-là, Aix n’est pas morte. Ils la peuplent, à la Rousseau, d’êtres selon leur cœur. Malheur à qui vient vivre en la cité et ne sait voir derrière les pierres brunies d’une maison que tapisseries fanées ! ». Qui sont les amateurs d’Aix ? Edmond Jaloux a sa réponse : ce sont les « fervents de beauté » . D’ailleurs, pour J-L Vaudoyer, « il ne faut pas visiter Aix, mais y roder ».

. Marcelle Chirac conclue son chapitre sur l’envoutement aixois par une analyse plus psychologique : les amateurs d’Aix « sont en vérité des êtres à la recherche d’eux-mêmes, à travers ce que leur apportent l’art et la rêverie (…). Dans ces villes privilégiées, ils trouvent la réserve de beauté, de poésie, de solitude et de silence grâce auxquels l’édification du temple à soi-même, l’épanouissement secret du bosquet de Psyché, devient possible. Et les initiés projettent ainsi sur la ville, un amour qui n’est autre, peut-être, que le reflet d’eux-mêmes, du moins de leurs chimères ! ».

Mais chacun a son propre ressenti sur Aix ; la seule certitude, c’est que la ville ne laisse personne indifférent. Et vous? Etes-vous sensible au charme d’Aix ? Surement ! Mais pourquoi ? En quoi cette ville vous charme-t-elle ?

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Fac de lettres d’Aix bloquée : reports de partiels, AG… On fait le point grâce à vous !

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En ces périodes de partiels et de blocages, nous vous proposons des informations mises à jour sur le report des partiels, l’avancée des négociations et les bâtiments bloqués ou non.

Par ailleurs, nous comptons sur vous dans cet article interactif : dès que vous avez de nouvelles informations, envoyez nous un message en MP sur notre facebook, et on mettra à jour le feed de news.

18/04 : 10h56 PROCHAINE AG AURA LIEU CE JEUDI 19 AVRIL A 16h00

Elle aura lieu Amphi 6 ou Bâtiment principal. Elle portera sur la tenue du blocage ou non pour la suite des événements.

18/04 : 10h43 L’AMPHI GUYON DEBLOQUEE

Des partiels ont pu avoir lieu pour diverses filières.

18/04 : 10h32 LA BU EST FERMEE AUJOURDHUI…

Elle est réquisitionnée pour pouvoir passer des examens.

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Les 50 restos préférés des aixois d’Il court Mirabeau 2018

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Ils sont des centaines de restaurants à nous régaler continuellement dans notre belle ville aixoise. Les lecteurs en choisissent 50 sur les réseaux sociaux. Qui sera élu resto préféré des aixois d’Il Court Mirabeau 2018 ?

Jusqu’au 6 avril : on vous demande en commentaires facebook et instagram, quels sont vos restos préférés d’Aix.

A partir du 6 avril : le bulletin de votes est ouvert avec les 50 premiers restaurants en lice choisis par les commentaires !

Que gagne le restaurant qui finira premier des votes ? Un bon petit coup de promo ! Et un autocollant A4 à accoler à sa vitrine (pour les 3 premiers). Les 47 autres établissements pourront recevoir leur classement numéroté en jpg sur simple demande (pour vos réseaux sociaux).

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deux

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insta

Jean Yves le Prof

Les Aixois aiment-ils Mirabeau ?

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C’est l’heure du septième épisode de la saison 2 de Jean Yves le Prof. Et nous faisons une plongée dans l’histoire dans cet excellent papier de sa part !

Que les Aixois aiment Mirabeau, cela semble évident, du moins lorsqu’ils pensent à « leur » Mirabeau, le comte, Gabriel Honoré de Riquetti. Car il en existe d’autres, la famille a une longue histoire, et, pour s’en tenir à l’époque de « notre » Mirabeau, on ne saurait oublier son oncle, le bailli, et surtout son père, le marquis, « l’Ami des hommes », célèbre non seulement pour avoir souvent envoyé son fils en prison, mais surtout comme économiste, de l’école de Physiocrates, ami du docteur Quesnay, courant de pensée bien connu des étudiants en économie ou en droit.  Mais ; pour la plupart des Aixois, Mirabeau, sans qu’il soit besoin de préciser les prénoms ou le titre, c’est l’orateur, celui de la Révolution. Et non son père, le marquis, dont on dit avec humour qu’il avait si peur de la Révolution qu’il sentait venir qu’il a pris soin de mourir le 13 juillet 1789 ! 

Le nom est omniprésent dans la ville ; « Aix est pleine de toi ! » dira Marcel Provence en 1949. Même si le Cours ne s’est appelé Mirabeau qu’en 1876, (soit plus de deux siècles après sa création par l’archevêque Mazarin), grâce à une autorisation donnée par un décret du Président Mac-Mahon, c’est sous ce nom que tout le monde le connait. Mais il y a aussi la statue, installée dans la cour de l’hôtel de ville, avant de migrer dans la salle des pas perdus du Palais de Justice, et tout étudiant en droit connait aussi « l’amphi Mirabeau ». On observera quand même qu’à la Faculté, l’amphi le plus grand est celui de Portalis, alors que l’amphi Mirabeau est nettement plus petit, tandis qu’en ville c’est l’inverse, le Cours Mirabeau, avec ses 440 mètres de long et ses 42 mètres de large, n’a rien à voir avec la rue Portalis, infiniment plus modeste. 

Si Mirabeau est partout en ville, cela n’avait pas plu à Emile Henriot, qui le dit clairement dans « Le diable à l’hôtel » : « La seule chose qui m’ennuie, à Aix, c’est d’y rencontrer si souvent ce Mirabeau dont les politiques peuvent bien faire leurs délices ; moi, il m’agace, avec son gros ventre et son bras tendu, son ‘allez dire à votre maître…’ qui est d’un goujat, par parenthèse, sa face de Gorgone et ses propos épileptiques. On l’a statufié partout : il est au musée, à l’hôtel de ville, à la Méjanes, au musée Arbaud, et ailleurs encore. Que de Mirabeaux ! C’en est une indigestion » 

« Ce Mirabeau que la vérole poinct, 

Beaucoup plus qu’il en est besoin 

On le rencontre à tous les coins ; 

J’aimais mieux l’époque où son père 

De l’emprisonner avait soin ; 

Encore en ces temps-là, du moins 

N’en voyait-on qu’un exemplaire. ». 

Sans doute les Aixois lui sont-ils, eux, reconnaissants d’avoir, une fois élu par le Tiers-état aux états-généraux, en 1789, à la fois à Marseille et à Aix, choisi Aix ; jouer un mauvais tour à Marseille déplait rarement aux Aixois ! Peut-être sont-ils plus partagés par son aventure avec mademoiselle de Marignane, dont la demande en mariage a plutôt ressemblé à un coup de force, alors qu’elle devait se marier avec un autre, le comte de Valbelle. La fortune de monsieur de Marignane, dont elle était la fille unique, était séduisante, surtout pour un homme criblé de dettes. Mais monsieur de Marignane ne voulait pas entendre parler de Mirabeau pour épouser sa fille. Il a suffi à Mirabeau de soudoyer un domestique pour pénétrer dans l’hôtel de Marignane (Rue Mazarine) et d’apparaitre le matin en déshabillé au balcon, en faisant assez de bruit pour que tout le monde le remarque. On ne plaisantait pas avec l’honneur des jeunes filles, même si mademoiselle de Marignane n’était pas un prix de vertu, et monsieur de Marignane dut accorder la main de sa fille à Mirabeau ! Le mariage eut lieu en 1772, en l’église du Saint-Esprit. 

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Cela n’a pas empêché Mirabeau d’être un mari bien infidèle ; on connait ses aventures avec Sophie de Monnier, une femme mariée elle aussi, ce qui l’a conduit au donjon de Vincennes, d’où il a écrit les passionnées « Lettres à Sophie ». La femme de Mirabeau, qui, elle aussi, était loin d’être une épouse fidèle,  a donc demandé une séparation de corps, en 1782, ce qui donnera un extraordinaire procès, puisque Mirabeau plaidait pour lui-même (il avait été étudiant à la faculté de droit d’Aix), tandis que son épouse était défendue par un autre aixois célèbre, l’avocat Portalis, lui aussi ancien élève de la faculté aixoise, et futur rédacteur du code civil napoléonien : un match Mirabeau contre Portalis, ça n’est pas banal ! Tous les coups sont permis et Portalis attaque directement Mirabeau pendant le procès : « Mieux vaut être diffamé que loué par vous ». Et Mirabeau, dans sa plaidoirie, s’en prend directement à Portalis « Et vous qui m’avez tant interrogé, répondez à votre tour. N’êtes-vous pas le véritable auteur de ce procès (…) Votre orgueil est donc bien satisfait d’avoir outragé devant deux cents personnes un homme de qualité qui ne vous provoquait pas ? (…) Je dédaigne, je méprise profondément vos outrages ». Finalement, en 1783, c’est Portalis qui l’emporte et la séparation de corps est accordée à la comtesse de Mirabeau, pour diffamation, mais c’est Mirabeau qui est acclamé par la foule ! 

Si tout le monde connait la célèbre statue de Mirabeau, avec son bras accusateur, désormais à l’intérieur du Palais de Justice, les Aixois les plus anciens se souviennent d’un autre monument à la gloire de Mirabeau, qui était place de Verdun, juste au pied du Palais de Justice, là où ont lieu en ce moment les fouilles liées aux travaux d’aménagement des trois places. En 1926 y fut en effet installé un monument de huit mètres de haut, représentant Mirabeau entouré de quatre allégories, dont la République triomphante, Il y avait même un lion ! Ce monument d’Antoine Injalbert avait été commandé pour le Panthéon, mais la ville de Paris n’en n’a pas voulu et l’a « offert » à Aix. Non seulement il occupait une place considérable, mais, en outre, la plupart des Aixois le trouvaient affreux, au point qu’il a été détruit en 1963 : personne n’en voulait et les morceaux ont été enfouis sur les rives de l’Arc ; on en a peu à peu retrouvé des morceaux ici ou là, pas forcément perdus pour tout le monde. Mais les Aixois auraient dû se méfier d’un cadeau de la ville de Paris : « Timeo Danaos… ». Jean-Louis Vaudoyer, dans « Beautés de la Provence » s’irritait déjà en découvrant « le nouveau monstre, l’extravagant monument Mirabeau » ce « roi des navets » : « le Panthéon l’a vomi » et on le « solda » alors à Aix ! 

Avant de jouer un rôle majeur dans la Révolution, Mirabeau ne dédaignait pas une partie du charme aixois d’Ancien Régime, comme le souligne Xavier de Magallon, dans « Mirabeau d’Aix » : à Aix « la vie était parfaitement agréable en ces années où qui n’a pas vécu ne connait pas la douceur de vivre, gracieuse, rieuse, toute en intrigues, en amours, en fêtes. Mirabeau se rua comme un sanglier du Cengle, à travers les compagnies charmantes et les ameublements exquis que la Révolution et la brocante n’avaient pas encore dévastés ».  

Edouard Aude, sous le pseudonyme de Sextius le Salyen, dans Le mémorial d’Aix dans son « Billet du samedi » au lendemain de la mort de Cézanne, soulignait la vocation d’Aix de former sur son sol des écrivains, artistes ou hommes politiques de forte personnalité et de grand talent : « Notre chère ville d’Aix, dont l’aspect si paisible éveille des idées de repos et de recueillement, est cependant la ville de France qui a produit le plus d’esprits hardis et tourmentés ». Bien entendu, Mirabeau en fait partie : « N’est-ce pas d’Aix, la ville parlementaire, la ville du cérémonial et de l’étiquette qu’a jailli la voix de Mirabeau, qui fit la Révolution française ? ». Et Paul Souchon, dans «  Aix-en-Provence », en 1898, évoque « la terrible voix de Mirabeau » qui va bousculer les êtres et les choses, tandis que Xavier de  Magallon, dans « Mirabeau d’Aix » (1925) affirme que « Mirabeau fait partie de la Provence comme le Vésuve de la mer Tyrrhénienne » ! 

A sa mort, en 1791, Mirabeau fut conduit par un immense cortège au Panthéon ; trois ans plus tard, la Convention décida d’exclure sa dépouille du Panthéon, en raison de la découverte de ses liens secrets avec le roi et la cour. Les Aixois n’ignorent ni la vie tumultueuse et peu morale de Mirabeau, ni ses manœuvres politiques contestables ; mais, eux, ne le jugent pas et ne l’excluent pas de leur Panthéon, car il fait définitivement partie de leur paysage familier. C’est sans doute pour cela que Joseph d’Arbaud, dans « La Provence », raconte que la Sainte-Victoire, « cœur de la campagne aixoise,temple et autel, esprit de roc », est comme « une âme visible », qui, par sa présence créant «  dans le paysage une véritable incantation », explique, entre autres, « l’éloquence d’un Mirabeau ». 

Actu

Risque de neige à Aix en Provence cette nuit de mardi à mercredi…

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C’est l’ultime assaut de l’hiver avant l’arrivée du printemps ! Un saupoudrage est possible cette nuit sur les premières hauteurs d’Aix en Provence (au dessus de 200 mètres). Les campagnes alentours pourraient blanchir de façon plus formelle : jusqu’à 4 à 5 cm attendus grand maximum vers Gréasque et Venelles.

En cause ? Ce qu’on appelle un retour d’Est, des nuages venus du Var qui, confrontés à une masse d’air encore fraîche la nuit prochaine, pourront engendrer des précipitations solides. Prudence sur les routes. La fiabilité est pour l’heure de 70%. Il est possible que les précipitations ne franchissent pas la Sainte Victoire, mais au moins on aura prévenu (comme les trois fois précédentes cet hiver où on a eu juste :))

Notre conseil supplémentaire : restez bien au chaud, et découvrez nos articles sortis du four cette semaine comme les coulisses d’un métier original : guide touristique à Aix en Provence !

Ça testeRue du miam

Tita à Aix : les jours de marché, un food truck gourmand et épicé !

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Facebook Tita

Olive de Crête, falafel vegan

Boulettes de viande cuites à la perfection

Falafels, houmous faits maison

Le sourire de Célia et Dana

L’humeur pétillante de Gaël

De la coriandre et des épices

Pour vos escales au marché d’Aix, on plonge avec délice

Dans l’univers d’un food truck

Qu’on recommande chaudement !

Le facebook de Tita Truck

Tita vous retrouve sur le marché coloré, parfumé et ensoleillé d’Aix en Provence, place Jeanne D’Arc tous les mardis, jeudis et samedis de 10h30 à 14h00.

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Découvrez l’étrange apparition aux Gorges du Verdon, nuit du 14 mars…

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Petit récit fiction en hommage à Stephen Hawking, célèbre cosmologique, parti rejoindre les astres à l’âge de 76 ans. Vous êtes dans la rubrique « Attrap’Rêves » du blog aixois Il Court Mirabeau, cette rubrique met en lumière notre région à travers des récits surréalistes.

12 mars 2022. J’étais sûr de mon coup. Ce soir, direction les Alpes de Haute Provence avec mes amis. Pour leur faire vivre quelque chose d’assez unique. Vous nous suivez ?

Elle commençait bien cette fin de journée. J’avais convié Diane, étudiante biologiste à Luminy et Théo, un de mes amis les plus connectés que je connaisse et brillant photographe urbain en dehors de ces heures passées sur Pinterest, pour qu’il puisse secrètement immortaliser ce qui allait se passer cette nuit.

Nous étions le 12 mars. Et aucun d’entre eux n’avaient l’idée de ce que j’allais leur faire vivre. J’étais un peu inquiet. Chaque année, je vivais ce phénomène, mais curieusement je sentais que ce soir ce serait un peu différent.

A la radio numérique, résonnait les dernières nouvelles de ce monde, principalement politique. Le premier tour approchait en France, les réseaux sociaux tournaient en boucle, et voir défiler les paysages de la Haute Provence, Vinon Sur Verdon, Gréoux, Riez, nous faisait un bien fou. En tout cas pour Diane et moi, tous deux passionnés de nature et de cosmos. Théo était plus dubitatif.

– Pour mes stories Snapchat, c’est normal qu’ici, ça galère à charger les images ?

– Ce sera aussi galère que de te voir crapahuter jusqu’en haut de Moustiers, piqua Diane avec un sourire.

Moustiers Sainte Marie était notre destination finale. Village perché chapeauté d’une église, et puis plus haut d’une étoile. Et toute cette histoire est véridique. Il flotte là bas comme un air de vertige délicieux, de plénitude. Nous avions prévu l’essentiel. Des chaussures de randonnée, de quoi escalader et se retrouver à une certaine altitude. Pour trois heures du matin.

Diane n’avait pas eu l’ombre d’une hésitation à me suivre. Elle connaissait mon côté rêveur et aventurier. Théo avait lui été convaincu in extremis par la promesse de réaliser la plus stupéfiante photo de sa vie. Une photo qui allait peut être le rendre enfin célèbre sur Instagram.

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Après un bref repas dans un restaurant ouvert le soir sur la place du village, encore dénuée de touristes. Nous voilà partis vers là haut. Les roches. Le plateau. L’air frais et sec poudré d’étoiles. Le thym embaumait le chemin vers l’église. Minuit approchait. Une heure. Puis deux. Rien d’anormal.

Nous arrivions face à l’endroit que je souhaitais. Panorama vertigineux donnant sur l’immense Lac de Sainte Croix, d’un bleu inouï ce soir, patinoire humide reflétant des milliers d’étoiles. En arrière plan, se découpait le débonnaire plateau de Valensole, refuge des lavandes futures qui viendront en juin. J’imaginais ces chambres d’hôtes paisibles au loin, plongées dans leur sommeil. A mille lieux d’imaginer ce qui leur pendait au nez. Ou au dessus d’eux. La Provence était dans son plus bel écrin cette nuit là. Habituelle. Pour le moment.

J’expliqua alors à mes amis de se terrer derrière un bosquet. Et soudain une apparition lente se profila à l’horizon. C’est mon ami qui le premier commença à entrapercevoir la lointaine ombre à l’horizon.

– Une montgolfière ? Tu nous as fait venir pour voir une montgolfière à 3h14 du matin ? J’hallucine s’écria Théo. Et j’ai pas de réseau là… J’ai 3 crush Tinder qui attendent sur le feu et je suis en EDGE !

Le Edge résonna dans les combes froides de cette nuit de mars. Un écho qui retentit jusqu’au plateau au dessus de Moustiers Sainte Marie, faisant s’envoler quelques chouettes noctambules prises d’effroi. Les hululements s’éclipsèrent. Je repris calmement, tout en jetant un oeil à Diane dont le regard était fixée vers là bas. Elle venait de comprendre ce qui se tramait.

– Tu as déjà vu voler des montgolfières de nuit ? Penche toi un peu plus à travers les buissons. Les responsables de ton manque de wifi sont devant toi. Et si tu pouvais faire un peu moins de bruit, ça nous permettrait de contempler plus sagement.
– Ce n’est donc pas une montgolfière, ajouta Diane, un pincement dans la voix ténue, limite inaudible. Les ballons sont tous, commandés par des hommes et poussés par le vent. Ce soir… c’est un foutu vent d’Est, et ils viennent vers nous, par l’Ouest. Ça ne colle pas.

Un long silence. Le lac de Sainte Croix était d’un indigo intense ce soir de mars. L’hiver avait été doux, très sec, empreint de plénitude. Les étranges ballons tombaient comme des gouttes suspendues, errant dans l’air, à cinq cent mètres d’altitude. Quelques kilomètres face à nous. Les formes arrondies volantes étaient en grappe, certaines trouées par deux immenses yeux, semblables aux cétacés terrestres.

– Des créatures atmosphériques. Ce sont les deux mots qui me viennent. Je ne vois pas autre chose.
– Ça fait longtemps que tu vois ce genre de choses ? Chuchota Diane, partagée entre émotion, effroi et contemplation. Mais… Tu en sais plus ?
– J’ai fais quelques recherches, rien de probant. Des animaux inconnus, visibles à un certain angle de vue, à une date précise chaque année.
– Comment ça une date précise ? Demanda Théo qui essayait en vain d’allumer son Instagram pour immortaliser. C’est la chose la plus incroyable que j’ai vu dans le monde réel depuis des années.
– Oui date précise, repris-je faisant fi de ne pas enchaîner sur la dépression aussi passagère que dénué d’intérêt de mon pote geek. Tous les 14 mars depuis quelques années, quand je me rends ici, j’observe, à 3h14, pendant toute une nuit. Le chiffre clé semble être 3,14. Le nombre pi vient de là. Einstein est né à cette date du 14 mars, tout comme est parti il y a 5 ans, à la même date Stephen Hawking.

Un bruit étrange se fit soudain entendre (à entendre dans cette vidéo à 5 minutes 14). Comme une lointaine proue de bateau qui ferait escale dans un port calme. Première fois en cinq ans que j’entendais ce son. Il faut dire pour être tout à fait honnête que les monstres aériens étaient particulièrement proches. Et c’était là aussi une première.

Nous étions tétanisés. Tous les trois. Face à ce spectacle que j’avais gardé pour moi depuis des années. Et j’étais vaguement rassuré de me dire que ce n’était pas le fruit de mon imagination. Vous aimeriez bien voir en image à ce moment là ce que nous avions en face de nous ? Vous pouvez cliquer ici pour découvrir ce spectacle.

– Ils approchent, souffla Diane, en s’accroupissant un peu plus.

La jeune biologiste de Luminy était littéralement abasourdie. Le terre à terre, les carnets de note, les labos froids et concrets se pâmaient ce soir en rêverie, sublimation et inquiétude.

L’inconnu face à nous. Ils nous avaient remarqué.

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Grégory Cordero