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Ça flaneLa mer à boire

{ Châteauneuf-du-Pape } : Château Sixtine, un domaine qui traverse les âges

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On continue notre petit tour dans les vignes de Châteauneuf-du-Pape. Tiens, d’ailleurs c’est quoi Châteauneuf-du-Pape ? Eh bien c’est ce qu’on appelle une appellation, ou une AOC (appellation d’origine contrôlée). Cette appellation, donc, est la toute première à avoir vu le jour en France, en 1936. L’objectif est alors de faire en sorte que le vin produit sur le sol français et a fortiori sur un territoire précis, soit issu de raisins du même lieu et que le travail des viticulteurs de la région soit valorisé. C’est aussi le début de l’idée de terroir et plus largement de régionalité des vins notamment.

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Le Château Sixtine (initialement Le Clos de Pradel en 1673 – si, si vous avez bien lu, 1673 ! – puis La Cuvée du Vatican à partir de 1958) est l’un des plus anciens domaines de Châteauneuf-du-Pape à avoir assisté à l’émergence de cette appellation et participé aux évolutions de ce territoire viticole.

Nous sommes ici sur un domaine familial ! L’histoire nous est racontée par la quatrième génération du lieu en question. Aujourd’hui c’est Jean-Marc Diffonty, propriétaire et vigneron, qui a repris la tête du domaine depuis 1993.

En reprenant les rênes du vignoble, Jean-Marc Diffonty cherche à trouver le bon équilibre entre pérennisation de l’empreinte familiale, construite depuis des décennies, et volonté de modernisation des procédés de viticulture et vinification.

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Au départ Jean-Marc Diffonty ne veut pas de cette vie d’agriculteur : son père, son grand-père et son arrière-grand-père ont cultivé ces terres depuis toujours. Les difficultés face aux aléas climatiques non maitrisables et les suées froides de ses aïeuls ne le séduisent que moyennement. Jean-Marc appuie d’ailleurs l’idée : « À l’époque, quand mon père était maire de Châteauneuf, il passait son temps sur les tracteurs », cette vie d’agriculteur il n’en veut pas. Il est pourtant passionné par le goût du vin. Dans les années 1990, il revient travailler au domaine, avec l’envie de donner un nouveau souffle aux cuvées du Château Sixtine. Jean-Marc se prend de passion pour la confection du vin, seulement il ne veut pas faire comme tout le monde et ne veut surtout pas faire du vin que pour une élite ou pour coller au nom de l’appellation de Châteauneuf-du-Pape : il souhaite innover et faire bouger les idées préconçues de l’appellation. Sa place à la présidence de l’un des syndicats de producteurs de l’appellation, en est d’ailleurs le témoins.

La conduction du domaine est particulièrement minutieuse et raisonnée. Dans les vignes, on travaille le milieu naturel… de la manière la plus naturelle possible : pas d’insecticides, pas d’herbicides, pas d’engrais chimiques. Au moment des vendanges, (c’est l’étape décisive pour les vignerons !) on opère un double tri : en vigne et en cave, on veut du mûr et que du mûr, pas question de trouver des goûts herbacés on érafle tout ! Jean-Marc compare bien volontiers son métier à celui d’un chef en cuisine :

« pendant les vendanges, ma place est à la table de tri. Tel un chef étoilé, je contrôle et sélectionne la qualité des différents éléments qui vont composer le plat final. »

Et que trouve-t-on dans les sols ? Les terres du domaine sont réparties à 60% sur des sables et à 30% sur des galets, ce qui amène la complexité bien connue des vins des territoires de Châteauneuf-du-Pape. Le Château Sixtine fait la part belle aux rouges avec près de 95% de sa production, le reste va au blanc.

Dans la cave, les plus anciennes cuves sont carrelées. Aujourd’hui elles ne servent presque plus, mais du temps du grand-père de Jean-Marc Diffonty, elles étaient particulièrement appréciées car le tartre n’y adhérait pas et le lavage y était facilité. Aujourd’hui on leur préfère des cuves en inox où la température est modulable : on travaille plus précisément, pour le plus grand bonheur de nos papilles, car oui la température aussi c’est un paramètre important !

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Au caveau : l’unique cuvée en blanc du domaine est un réel coup de cœur à la dégustation (coupe de cœur pour mes papilles surtout !). Il s’agit du Château Sixtine blanc 2016, élaboré à partir de Roussanne et de Clairette (dont l’encépagement devrait augmenter dans les prochaines années sur le domaine). Alors que la Roussane est souvent un cépage vinifié avec la Marsanne, ce qui donne des vins plutôt opulents et expansifs, cette cuvée déroge à la règle. La Cuvée Château Sixtine est toute en intensité, avec une belle part de fraîcheur et une finale sur les agrumes.

C’est en 1952 que le Domaine propose pour la première fois ses vins à la bouteille, et non plus en vrac. Aujourd’hui c’est plus de 95% de la production qui part à l’export et pour avoir des vins les plus reproductibles possibles, les mises en bouteilles se font en une seule traite : une fois les vins prêts, hop ! ils sont embouteillés.

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Du coup si vous souhaitez déguster ces doux nectars, c’est directement à la propriété qu’il faudra vous rendre ! Jean-Marc confie d’ailleurs que les personnes qui s’arrêtent au caveau de vente sont bien souvent les enfants ou les petits enfants des générations précédentes qui elles-mêmes venaient déjà se servir chez les Diffonty. La relève est prise et aujourd’hui l’histoire de du Château Sixtine perdure et a de belles années devant elle !

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INFOS PRATIQUES :

CHÂTEAU SIXTINE,  10 Route de Courthézon
84230 – Châteauneuf-du-Pape
contact@chateau-sixtine.com

Page Facebook
Site Internet

+33 (0)4 90 83 70 51
Le caveau est ouvert du lundi au vendredi, de 9H30 à 12H00 et de 14H00 à 17H30.
(Le samedi sur rdv)

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Les fontaines sous pression

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Quand on vit à Aix-en-Provence ou à proximité, entendre parler du nombre de fontaines et de leur esthétisme est courant. En fait, on ne cherche pas à savoir le fin fond de l’histoire, comme par exemple : « comment elles fonctionnent », « quand ont été les premières fontaines », « d’où provient l’eau qui les alimentent » etc…

L’idée de ce sujet m’est venue en regardant un reportage sur Versailles et ses fontaines : finalement on a un grand Versailles provençal, mais à la place des jardins, nous avons des bâtiments. En me baladant dans la ville, j’ai donc pensé que rédiger un petit article sur l’envers du décors pouvait être pas mal, je souhaiterai quand même votre avis. Je vais donc vous raconter, le parcours de l’eau au fil du temps, qui coule encore dans cette jolie ville provençale. Je vais aussi essayer de vous faire réaliser le nombre de kilomètre que parcours l’eau pour arriver jusqu’à nous. Aussi, je vous demanderai d’être indulgent avec mes dessins, ils sont juste là pour vous faire comprendre (oui je vous présente mes excuses par avance).

 

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Le saviez-vous ?

Autrefois, les fontaines servaient de lavoirs aux femmes, c’est pour cela que l’on ne trouve plus de lavoir en ville. En revanche, sur les communes voisines, nous en trouvons encore quelques-uns : le système est similaire que celui utilisé pour les fontaines. Certains lavoirs étaient aussi réservés aux lépreux, car il ne fallait pas laver le linge des malades avec le linge des personnes en bonne santé : d’ailleurs, les lépreux ne se déplaçaient que la nuit pour ne pas rencontrer les personnes saines, et pour les « voir » dans le noir, ils portaient des clochettes ou autre pour signaler leur présence. Les lavoirs servaient aussi d’abreuvoirs pour les animaux qui font la transhumance, les animaux buvaient donc la partie où l’eau pure arrivait puis continuaient leur chemin.

 

Aix-en-Provefontainence, autrement appelée « Aquae Sextiae » en latin, donne son nom aux eaux thermales dont les premiers grands bénéficiaires ont été les romains. Mais leur soif d’eau médicinale leur a fait construire des aqueducs afin d’importer plus d’eau, venant des collines, ou rivières aux alentours. Avec le temps, l’eau s’est raréfiée, et les fontaines ont été mise à sec.

Ce n’est qu’au XIXème siècle que des travaux de réapprovisionnement ont été effectués : on a donc créé des réserves d’eau spécifiques pour alimenter les fontaines, séparément des réserves utilisées pour les maisons ou les égouts. Seulement, construire des réserves c’est beau, mais où ? Pour alimenter un quelconque édifice, la source d’eau doit être plus haute afin que la pression atmosphérique et la pression de l’eau puis faire sortir l’eau sous forme de jet de la fontaine (voir mon magnifique dessin associé au paragraphe): à l’époque les systèmes ingénieux manquaient à l’appel, il a donc fallut improviser avec les connaissances déjà acquises.

D’autres moyens ont été découvert au fil du temps, comme le principe des pompes manuelles puis mécaniques. Maintenant il suffit de faire passer des canalisations sous nos pieds pour alimenter les fontaines. Pour faire passer l’eau du sous-sol à l’air libre, la ville a été obligé de s’équiper d’un réseau de canalisation, construites exprès pour alimenter les fontaines et rendre ces œuvres citadines : vivante et rafraîchissantes.

D’où viennent les sources ?

Les sources qui alimentent la ville d’Aix-en-Provence sont assez proches. Dans un premier temps, nous avons la Sainte-Victoire, qui était reliée à la ville par des aqueducs (édifices sous forme de pont construits seulement pour acheminer l’eau d’un point à un autre, le plus célèbre reste le pont du Gard) : cette principale source permettait surtout l’approvisionnement en eau des thermes.

Si vous aimez balader en dehors d’Aix-en-Provence, que ce soit en famille ou entre amis, je vous conseille d’aller jeter un œil du côté de Ventabren, commune voisine, où à la jonction on trouve l’aqueduc de Roquefavour qui dessert encore Marseille en eau douce : sa construction date du XIXème siècle mais est toujours intact. Inscrit dans le registre des monuments historique, il est aussi reconnu comme étant le plus grand ouvrage de pierre au monde : pour le voir vous n’avez pas besoin de payer, juste de savoir marcher et de profiter. Peut-être qu’un jour, je ferai un article plus détaillé sur le sujet, il me faudrait avant tout votre avis. Ci-dessous, un exemple de ce à quoi peut ressembler un aqueduc, les voûtes sont calculées afin de soutenir la masse de l’eau et surtout de l’édifice.

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La commune de Rognes, au nord d’Aix, a aussi nourrit les fontaines, grâce à des conduites souterraines, ou autrement dit : des canalisations mais pas comme celles que nous avons actuellement bien sûr. Les vestiges des aqueducs sont moindres, on distingue la façon dont ça a été construit, leur emplacement, mais rien d’autre. Actuellement, la Sainte-Victoire et le canal du Verdon sont les plus grosses sources d’alimentation des fontaines, mais il ne faut pas oublier les puits et nappes phréatiques que l’on peut trouver sous la ville et qui sont assez nombreuses.

Le saviez-vous ?

Les eaux des thermes et fontaines avaient, d’après les dires, des vertus miraculeuses, comme le fait de guérir les maladies, aider à calmer les règles douloureuses pour les femmes ou même empêcher la stérilité. Les eaux aident aussi à assouplir la peau, à lutter contre les rhumatismes et d’autres problèmes corporels. Cependant, je ne vous conseille pas de prendre un bain dans les fontaines, l’eau n’est thermale qu’aux thermes Sextius. Vous saviez aussi que l’eau de la fontaine moussue (sur le Cours Mirabeau) était plus chaude ? A vous d’essayer !

PS : Il n’y a pas que la rotonde qui compte, alors voici d’autres magnifiques fontaines, juste pour le plaisir des yeux.

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Ça flaneRue du miam

Top 5 des adresses qui vont me manquer à Aix : Izumi (1/5)

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Ça y est. Petit oiseau aixois d’adoption durant ses études universitaires quitte le doux cocon qu’est Aix-en-Provence, et part à la découverte de nouveaux horizons. Précisément, de Bourg-en-Bresse. Fini les rivages méditerranéens aux doux effluves d’Italie. Place aux montagnes, et à l’air frais et calme venu de Suisse. Bah, ce n’est pas si mal ! En plus, à une heure de route, Lyon. Ce paradis des adeptes du végétarisme et du véganisme ! En perspective, la découverte de nombre de petites adresses toutes plus délicieuses les unes que les autres. Mais ne nous leurrons pas… Il y a des adresses aixoises qui vont indéfectiblement me manquer. En voici le top 5.

1/5 : Izumi

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Une Aixoise (d’adoption) autour du monde

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Se sentir chez soi ailleurs, rapporter l’ailleurs chez soi.

Tel est ce que je ressens à chaque nouvelle aventure, tel est ce que j’essaie de faire quand je rentre à la maison.

Bretonne d’origine, j’aime ma région, ses traditions, sa gastronomie, son peuple et la tranquillité qu’elle me procure. Un conseil, si vous cherchez à vous détendre, vous reconnectez ou simplement respirer un bon coup, venez passer quelques jours à Saint-Malo, Dinard ou encore à Rennes. Je vous promets qu’il ne pleut pas tout le temps et même que la pluie apporte un charme véritable à mes terres quand elle les arrose.

Cependant, depuis toute petite je voyage et cela a éveillé en moi des envies d’ailleurs. J’ai vite compris que notre monde est riche de cultures, de paysages et de façons de penser. Ma soif d’aventure s’est intensifiée en grandissant. J’ai eu besoin de partir pour me découvrir. M’éloigner pour vivre de nouvelles expériences et entendre le monde dans lequel nous vivons. Aussi, pour remettre mes perspectives et mes idées en question à travers les rencontres et le dialogue. Enfin, pour vibrer et remplir mon coeur. Quand je suis installée dans l’avion, le train ou le bus vers une nouvelle destination, mon souffle revient, les battements de mon coeur se tranquillisent et l’inspiration est là.

Ma façon de voyager depuis quelques années, c’est de partir plusieurs mois pour m’installer afin de vivre comme les locaux et m’imprégner totalement de la culture du pays. Espagne, Malte, Colombie, Mexique. Et voilà comment j’ai découvert que je pouvais me sentir chez moi ailleurs. Quelle drôle de sensation. Il est difficile d’expliquer pourquoi je me sens chez moi ici ou là bas car c’est avant tout une question de sensations.

Après deux mois passés à Bogota (Capitale de la Colombie) par exemple, je me souviens que j’admirais la fabuleuse vue de mon lit, toute petite face à cette ville tentaculaire, dans cet appartement au 27e étage. J’avais cette envie intense de la comprendre, connaître ses habitants, ses rues, ses joies et ses problèmes. Je me sentais apaisée, en sécurité et prête à croquer le monde. C’est dingue, comment je peux me sentir chez moi à plus de 8500 kilomètres et une quinzaine d’heures d’avion. Me sentir comme à la maison si loin de tous les gens que j’aime, de là où je me suis construite et dans un pays si culturellement éloigné. D’où provient cette sensation de plénitude avant de me coucher? En Colombie, une des raisons principales a été les colombiens et leur accueil. Chaleureux, entiers et surtout souriants. Et depuis j’y pense souvent, quel que soit l’endroit où je me trouve. Combien de fois ai-je esquissé un sourire aujourd’hui ? Dans la rue, au travail, à l’école ou chez moi. Un sourire franc et sincère qui peut à la fois dire bonjour, bonne journée, tout et rien.

Le pouvoir d’un sourire est infini, essayez vous verrez.

Ce sont des petites choses comme celle-là qui m’échappent une fois installée dans ma petite routine. C’est elles que je tente de rapporter chez moi.

Le retour. On se sent si loin et si proche en même temps. Parfois on se demande si on l’a rêvé. Les préoccupations quotidienne du travail, de l’argent et du futur reprennent vite le dessus. Mais j’ai décidé de ne pas me laisser submerger et d’exploiter tout ce que j’ai appris et compris là-bas. De me servir de ces idées positives, ces vibrations et ces rencontres qui m’ont chacune à leur manière apporté.

La réalité est un bon exercice pratique…

A l’étranger, je me transforme un peu, je me sens plus libre, plus ouverte, poussée par ces envies de parler à tout le monde et de m’intéresser à ce qui m’entoure. C’est comme ça que je me sens bien alors j’ai compris qu’il fallait que je l’applique à ma vie en France. Ici aussi je peux sourire, danser, m’intéresser et être moi-même. Peut-être même apporter un peu de ces cultures à la mienne. Parfois je me dis que si on mixait un petit bout de chacun et de chaque pays, le bonheur pourrait être proche. J’ai également admis que je n’ai pas besoin de partir à l’autre bout du monde pour être étonnée, émerveillée et découvrir de nouvelles choses.

Pour mon master j’ai choisi votre (notre) ville d’Aix en Provence. Je ne connaissais pas mais en prononçant son nom, j’entendais déjà les cigales, je me représentais les couchers de soleil, je sentais l’odeur de la tapenade et je pouvais déjà entendre l’accent chantant du sud. J’imaginais que la vie y était douce et j’avais envie de découvrir une culture différente de ma Bretagne natale.

J’ai décidé d’aborder ma nouvelle vie à Aix en Provence de la même manière qu’à mon arrivée dans un autre pays. Curiosité, motivation, amitiés, apprentissage et découvertes. Je n’ai pas été déçu de mon choix (non non je ne cherche pas à vous flatter). Immédiatement, je suis tombée sous le charme de ses ruelles, ses fontaines, ses terasses et ses restaurants nichés de part et d’autre de la ville. Ses marchés m’offrent des senteurs et des saveurs authentiques. Ses musées, ses galeries d’art et son architecture me régale les pupilles et me font découvrir la culture provençale et son histoire. Je me suis faite envoûter par son soleil, sa Sainte Victoire, ses habitants et son charme tout droit sorti des peintures de Cézanne. J’aime son été indien quand les touristes se font moins nombreux et que la ville redevient plus calme, redevient nôtre. J’apprécie les moments passés dans ses parcs ou à ses nombreuses terrases entre amis ou seule avec un bouquin. J’aime ses couleurs d’automne, son hiver doux et lumineux.

Je peux aujourd’hui dire que je m’y sens chez moi. Je suis impatiente d’entamer cette nouvelle année scolaire et de découvrir Aix en Provence plus encore avec vous. C’est pour cela que je vous accompagnerai avec grand plaisir à travers Il Court Mirabeau.

 

J.

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Une aixoise en Angleterre

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Par Elise, notre expatriée anglaise, de retour à la rentrée à Aix, et qui rejoint l’équipe pour la saison 2018-2019 🙂

« Il pleut tout le temps en Angleterre. », « Tu vas mourir de faim pendant un an…», « Bon courage pour le petit déjeuner ! »… Ça, c’est ce que j’ai entendu avant de partir pour un an en Angleterre, en tant que jeune fille au pair. Mais ma valise et moi, on s’est pas découragées…

On a grimpé dans l’avion, sans a priori, sans préjugés, sans craintes. C’est tellement mieux pour découvrir le monde tel qu’il est. Voilà dix mois que je vis à Hitchin, une petite ville en briques rouges de 33 400 habitants située à une demie heure au nord de Londres, et une demie heure au sud-est de Cambridge. Dès mon arrivée, j’ai plongé dans cette aventure, à la découverte de ce lieu inconnu, ses habitants, ses coutumes. On peut dire que j’ai ouvert les yeux une seconde fois. Bon, pas besoin de parler de la plus flagrante des différences : le sens de circulation. Tout le monde sait qu’en Angleterre, on roule à gauche.

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Il n’empêche que même après 10 mois passés ici, je suis toujours surprise de voir un enfant de 10 ans au volant. Jusqu’à ce que je réalise que le volant … est de l’autre côté. L’uniforme bien sûr, porté jusqu’à l’équivalent de la troisième en France. Plutôt pratique je dois avouer, les enfants sont vite prêts pour l’école. Quoique… on peut hésiter longtemps entre la jupe à carreaux rouges et blancs ou la robe à carreaux blancs et rouges, entre les chaussettes blanches brodées ou les chaussettes blanches à dentelle, bref.

Les surnoms « Lovely », « Honey », « Sweety », « My love » : je vous garantis que la première fois qu’on vous appelle comme ça, sans vous connaître, ça surprend, et ça fait sourire. A la caisse, au café, à la gare, ces surnoms sont partout, plus ou moins courants cependant, selon la région où l’on habite.

La nourriture ? Sachez que non, tous les anglais ne mangent pas du bacon, des œufs, des champignons et des pommes de terre sautées au petit-déjeuner. La plupart attaquent la journée avec du pain de mie, de la confiture, des céréales, des fruits … plus couramment appelé « petit-déjeuner continental » dans l’hôtellerie. « Pain de mie » vous avez dit ? Ici, en Angleterre, on ne consomme que rarement du « French bread », alors quand on en a, on le déguste, avec du bon « French camembert de caractère ». D’un point de vue plus global, la nourriture est similaire à celle que l’on trouve en France. Les prix varient, certes (pour le fromage par exemple, ou la viande) mais on trouve quasiment les mêmes produits.

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Pour l’instant, après 10 mois de recherches ardues, seuls la compote et le fromage blanc sont portés disparus. On trouve aussi des plats typiques et « mouth watering », comme l’English breakfast, les pancakes, les scones (entre pain et brioche), ou encore le Sunday roast, qu’on dévore tous les dimanches midi. En ce qui concerne l’alcool, la majorité des pubs proposent évidemment de la bière mais aussi une variété de cidres aux fruits : pommes, poires, grenades, fruits rouges …qu’on ne retrouve qu’ici.

L’heure des repas. Il est 16h30, « the dinner is ready ! ». Vous avez bien lu. Là où j’habite, dans la région du Hertfordshire, le dîner est donné aux alentours de 17 heures aux écoliers, après la journée d’école. Ensuite, avant de dormir, ils prennent généralement un bol de lait avec des céréales. Concernant les parents, tout dépend de l’heure à laquelle ils rentrent du boulot. Mon record personnel ? Prendre mon repas du soir à 17h30. Croyez-moi, on finit par s’y faire… Les pubs et boites de nuit.

En France, les boites de nuit ouvrent aux alentours de 23 heures et battent leur plein sur les coups de deux heures. A Londres, c’est l’heure à laquelle elles ferment. Souvent donc, on croise des personnes bien imbibées dès 18 heures dans les rues de la capitale. La tenue vestimentaire. En Angleterre, pas de mauvais regards, pas de jugement. On s’habille comme on veut : moderne ou rétro, court, très court, ou très très court, uni ou coloré, en talons ou claquettes à fourrure.

Il faut croire que la majorité des anglaises ne craignent pas le froid. En plein hiver, à température négative, on croise des mini-jupes et croc-top partout dans les rues de la capitale. Les blagues. « Arrête de chanter il va pleuvoir ! ». Silence, on me regarde avec des yeux ronds. D’accord, apparemment, cette blague n’existe pas ici… Et puis, va-t’en expliquer pourquoi chanter faux fait tomber la pluie … « Good girl ! Good boy ! » : même après un certain temps passé au Royaume-Uni, cette expression reste curieuse à mes oreilles.

C’est ce qu’on dit aux jeunes enfants pour les féliciter d’une bonne action. Mais … c’est aussi ce qu’on dit aux chiens quand ils sont sages. L’état d’esprit. Les anglais – du moins ceux que j’ai côtoyé – sont majoritairement ouverts d’esprit, curieux, accueillants. On a chaud au cœur de se sentir intégré dans un pays qui n’est pas le sien, alors qu’on ne parle pas parfaitement la langue.

Tous voudront déclamer quelques mots de français (« bonjour, au revoir, merci, et voilà ») qui font chaud au cœur. Et pour finir, la météo. Hum, joker.

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Aix : mon étonnante excursion au Pavillon Vendôme

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Se balader, profiter et découvrir : voici en quelques lignes la balade enchantée, qui retrace une histoire d’amour cachée, mais aussi les secrets de ce bâtiment qui renferme des expositions aussi belles, que recherchées et diverses.

Avant d’entrer dans la demeure, il faut prendre le temps de visiter son joli jardin à la française, avec en son centre une imposante fontaine. Lieu paisible, vaste et délicat, il est le contraire du centre historique d’Aix-En-Provence, où les ruelles marchandes sont comblées par la joyeuse population Aixoise. Mais si vous préférez aller directement au Pavillon Vendôme, au lieu de lire, c’est mieux et à 10 minutes à pied de la Rotonde, rien que ça !

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Je commence donc par raconter, tel un ménestrel, l’histoire de la bâtisse qui perdure malgré les années qui passent, et qui sont au nombre de 353. Oui 353 ans que cet édifice voit passer le temps, les siècles et surtout : les hommes.

C’est au duc de Vendôme qu’on doit l’idée de cette construction, qui renferme à présent des œuvres contemporaines, mais aussi anciennes. A ce qu’il parait, sa construction était le fruit d’un amour naissant entre le duc et Lucrèce de Forbin-Solliès, plus connue sous le nom de « La belle de Cannet », pour qui le duc était simplement son amant. Une histoire aussi cachée que le bâtiment, presque invisible si on passe en voiture sur la rue de la Molle. Sa façade arrière, n’est pas aussi bien décorée, ce qui fait qu’on ne devine pas le Pavillon quand on passe derrière. Le mélange de style, ancien et contemporain, que propose ce musée, est accessible à tous les étudiants, aux moins de vingt-cinq ans, et aux chômeurs de longue durée gratuitement, ce qui est encore une belle raison de venir découvrir et s’intéresser à ce qu’il s’y passe.

Les nocturnes

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Le Pavillon Vendôme se situe sur la Rue de la Molle, mais est aussi le voisin de l’école d’Art avec qui, les collaborations sont fructueuses. Récemment j’ai participé à l’évènement « Monumental 4 », où des projections de courts-métrages, appelés « mapping », qui ont illuminés le Pavillon Vendôme le temps d’une soirée. Ces étudiants ont épaté les visiteurs à la tombée de la nuit. Un évènement qui ne dure que 30minutes, une fois par an, mais qui met en relief les beaux décors du musée, et en avant le travail de ces artistes des temps moderne. Je pense que c’est la seule fois où j’ai vu autant de monde qui regardaient le pavillon, mais je tiens à préciser que la nuit, en temps normal, le parc est fermé aux visiteurs.

Je vais à présent vous faire visiter l’intérieur du Pavillon : deux gardiens, des deux côtés de la porte d’entrée, soutiennent la façade et accueillent les visiteurs. En entrant, on remarque que l’édifice n’est pas si grand mais très chaleureux. Dans les salles sur rez-de-chaussée, l’histoire du Pavillon et des meubles anciens trônent dans leurs pièces respectives. Puis à l’étage, l’exposition continue avec d’un côté des œuvres contemporaines, et de l’autre des œuvres anciennes. Mais celles-ci changent chaque année, à vous de revenir ! L’aspect du bâtiment reste présent et visible, ses plafonds hauts et ses fenêtres imposantes font entrer la lumière et rendent les expositions plus vivantes.

La roseraie

33672232_1730002023712886_7102285756072198144_nPersonnellement, je préfère aller étudier en extérieur, au Pavillon, dans ce calme plus que paisible, propice aussi à la discussion. Mais c’est aussi un cadre magnifique surtout au printemps. Un petit parc adjacent, la roseraie, est aussi très convivial, et accessible par la Rue Célony, où j’aime me retrouver avec une amie pour discuter de tout et n’importe quoi, mais surtout de la vie Aixoise. Dans cette dépendance presque paradisiaque du Pavillon, les fleurs sont encore plus présentes, les nuisances sonores sont aussi atténuées et il y a de quoi s’arrêter, respirer et admirer. Je pense que le moment idéal n’existe pas spécialement, à part quand il fait trop froid ou qu’il pleut. En revanche si vous venez le matin ou l’après-midi, rien ne change. Avis aux amateurs de nature, faune et flore : Venez ! C’est le lieu que je préfère dans Aix-en-Provence pour le moment, j’espère encore découvrir et vous faire découvrir, de manière encore plus alléchante les autres espaces Aixois.

Pour ceux qui ne le connaissent pas encore, ou qui ont été séduits par ces lignes, il suffit d’aller y jeter un œil. La curiosité n’est pas un si vilain défaut, mais il ne faut pas hésiter à aller admirer les expositions que la directrice, a la passion de préparer avec soin, juste pour le regard des visiteurs.

Coordonnées :

http://www.aixenprovence.fr/Pavillon-de-Vendome-465

13 rue de la Molle – 32, rue Célony

04 42 91 88 74

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Pourquoi Aix restera ma ville de cœur ?

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Je suis parisienne depuis maintenant 9 ans… mais Aix-en-Provence occupera toujours une place à part pour moi (ce qui est sans doute le cas de pas mal d’autres personnes!).

Pourquoi?

Pour son soleil et ses terrasses, de sortie même en plein mois de janvier. Souvenir de ces heures passées au café entre 2 cours pendant mes années lycée…

Pour son centre-ville, ses petites ruelles et ses jolies fontaines salvatrices lors des étés caniculaires.

Pour ses cinémas et leurs festivals de courts-métrages, petites parenthèses éclectiques au milieu de la programmation “classique”.

Pour ses parcs, de la Torse à Jourdan en passant par Vendôme, qui restent pour moi les lieux des cours de sport, des retrouvailles entre copains et des tournages de courts-métrages pour l’option “CAV”.

Pour ses marchés… des producteurs, de fleurs, de Noël, d’été… que l’on parcourt avec un vrai plaisir, quelle que soit la saison.

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Pour “Le Jardin d’Amalula”, petit restaurant extra et généralement théâtre de déjeuners familiaux.

Pour ses départs de balades et de randonnées accessibles en transports ou à pieds. Bimont, la Sainte Victoire, Beauregard, les Peintres… bulles de nature à deux pas de la ville.

Pour la mer à moins d’1h de route, et la montagne à moins de 3 (voire même beaucoup moins si l’on va skier au Mont Ventoux!).

Pour l’arrière pays fabuleux, la “Provence, toujours” de Peter Mayle et les “Souvenirs d’enfance” de Marcel Pagnol.

Pour sa douceur de vivre quotidienne.

Pour le souvenir des années que j’y ai passées.

Pour les personnes que j’y ai rencontrées.

ICM aix en provence

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ActuÇa flane

Plus de 800 internautes ont suivi la première chasse aux trésors d’Il Court Mirabeau !

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Un grand merci à vous ! Vous avez été plus de 430 en facebook live (et le double en replay) à suivre la chasse aux trésors dans Aix samedi matin. En compagnie de Julia, Guillaume, Anthony et Kévin, vous avez parcouru avec eux le Cours Mirabeau jusqu’au Parc de la Torse.

Le concept est simple : 2h maxi pour trouver un coffre enfoui dans Aix ! L’équipe sur place + les internautes en direct cherchent le coffre… L’occasion de découvrir notre ville autrement. L’équipe qui a essuyé les plâtres de cette nouvelle émission a brillamment réussi à débusquer le premier coffre au Parc de la Torse, en 1h54,27s précisément !

Samedi 26 mai 10h00 : lancement du coffre aux trésors en live facebook !

ActuAgendaÇa flane

Aix : découvrez l’événement assez bluffant qui se prépare au Parc Jourdan ce weekend…

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Du 17 au 21 mai 2018, le Parc Jourdan accueille en fin de semaine le Smart ! Il s’agit d’un « musée à ciel ouvert » avec la présence de 200 artistes, créateurs, sculpteurs, plasticiens et une vingtaine de galeries.

Au menu des animations, nous sommes particulièrement intrigués par une installation botanico-acoustique nommée Akousmaflore : elle mettra en scène des vraies plantes qui chanteront quand vous les frôlerez. Original, artistique et décalé. L’entrée est à 10€ (gratuit pour les moins de 12 ans)… 25 000 visiteurs sont attendus.

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Voici les horaires :

Jeudi 17 Mai 2018 (10h-23h) – Nocturne Soirée de Vernissage
Vendredi 18 Mai 2018 (10h-20h)
Samedi 19 Mai 2018 (10h-21h)
Dimanche 20 Mai (10h-20h)
Lundi 21 Mai (10h-18 h) (Pentecôte Jour férié)
Plus de renseignements sur  www.salonsmart-aix.com

Ça flane

{ Châteauneuf-du-Pape } : Domaine Chante Cigale, un vin qu’il fait bon fredonner

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Après quelques pérégrinations dans les plaines de Châteauneuf-du-Pape, il est l’heure de vous partager mes découvertes. J’ai eu envie de parler de l’appellation Châteauneuf-du-Pape à travers trois domaines : vous êtes prêts ? Allez, c’est parti !

Pour commencer chaussez vos lunettes et lisez cela, et promis après on reparle de trucs plus rigolos :
D’abord c’est quoi une appellation ? C’est un peu comme une grande famille dans laquelle on (alors, pas nous bien entendu, mais un organisme qui s’appelle l’INAO) regroupe différents domaines viticoles, d’une même zone géographique et qui travaillent de manière similaire. 
Ça sert à quoi ? L’idée c’est de garantir une même origine des vins concernés ainsi qu’une certaine typicité de fabrication notamment. Du coup ça peut aussi nous aider dans la dégustation : plus facile de rapprocher deux vins quand ils font partie de la même appellation.
Et pourquoi l’appellation de Châteauneuf-du-Pape pour commencer ? Et pourquoi pas ? Parce que tant qu’à commencer, autant choisir quelque chose qui parle un peu au commun des mortels (à nous tous donc !) et puis c’est pas très loin de chez nous : 1h de voiture et vous voilà au beau milieu de ces vignes si connues ! Comme ça, si le coeur vous en dit : hop, hop, hop, on prend les copains et/ou les enfants sous le bras et on les embarque avec nous (les découvertes c’est toujours plus sympas à plusieurs !), et on visualise le terrain. Et puis, c’est la première appellation à avoir vu le jour en France !

Le premier domaine où j’ouvre mon carnet c’est celui de Chante Cigale… Qsss qsss qsss qsss… vous les entendez vous aussi ? On les écoutera bientôt pour de vrai ! Le Domaine de Chante Cigale existe depuis plus de 150 ans. À l’époque comme aujourd’hui c’est la famille propriétaire du Domaine qui travaille les terres, vinifie et commercialise les vins. Depuis maintenant plus de 20 ans, Alexandre Favier a repris la tête du domaine sous l’œil attentif de son père. Et c’est bien entouré de son équipe qu’il produit les doux nectars dont je vais vous parler.

Domaine Chante Cigale

Alexandre Favier, on le croise peu sur le domaine, on m’explique d’ailleurs que son dada à lui, ce sont les vignes et les vignes avant tout : c’est là d’où il vient (la pioche à la main !). C’est un homme de la terre, presque un homme de l’ombre… et pourtant il est l’âme même du domaine. Finalement ça colle assez bien avec la philosophie de Chante Cigale : le vin ici n’est plus le travail d’un seul homme. Ce sont les réflexions de concert qui donnent ces cuvées si particulières. Les rôles sont bien répartis : à chacun sa passion, à chacun sa touche, à chacun sa place.

C’est avec Jean-Yves Pomaret, l’œnologue du domaine Chante Cigale depuis maintenant 10 ans, que j’échange sur leur vision de la vigne et du vin. Il m’explique que le domaine s’étend sur 48 hectares et sur plus de 40 parcelles morcelées sur l’ensemble du territoire de Châteauneuf-du-Pape : incontestablement cela donne des indications sur la richesse et la diversité de ce que l’on va retrouver dans nos verres ! Toujours en parlant de diversité, l’encépagement du domaine est multiple : Mourvèdre, Syrah, Grenache et Cinsault sont en tête, Chante Cigale est là fidèle à l’appellation dans ses choix.

Pour autant, la position du domaine est pleine d’ambivalences : entre respect des traditions de l’appellation et volonté de nouveautés, voyez plutôt…

CICADADans la région de Châteauneuf-du-Pape, on pense souvent « vin rouge » et beaucoup moins « vin blanc »; chez Chante Cigale, on ne fait pas comme tout le monde : la proportion de blancs s’élève à 15% de la production (contre environ 5% sur l’AOC). La discussion avance et j’apprend qu’un nouveau défi est au cœur de la vie du Domaine : le passage en bio de l’ensemble des parcelles pour l’an prochain ! Autant dire qu’en 2018 ils ne risquent pas de chômer ! Bien que le domaine soit d’ores et déjà en agriculture raisonnée et en grande partie avec des levures indigènes (comprenez pas d’ajout de petites bébêtes extérieures), c’est un véritable challenge que se lance cette équipe de jeunes vignerons.

En fait le domaine Chante Cigale est un peu la maison des challenges : l’un lance l’idée et puis les autres renchérissent et tous avancent avec ce nouveau postulat… jusqu’à la prochaine nouvelle idée ! De quelles idées décalées je parle ?  Eh bien voilà quelques exemples : des cuves ovoïdes en béton (on ne saurait précisément expliquer ce qu’il se passe dans ses cuves, mais ce dont on est sûr, c’est que la vinification qui en résulte est bien plus homogène et apporte un vin plus pur et plus élégant), une cuve pyramidale (si, si je vous assure ! Et seulement une seule cuvée y met les pieds : EXTRAIT) ou encore l’idée de faire naître une cuvée toute particulière qui tranche un peu sur un domaine du coin : THE CICADA, un vin de copains gourmand qui finit de convaincre les plus sceptiques, au budget serré. The Cicada c’est le petit dernier, il a 5 ans maintenant, et comme ses grands-frères, il met lui aussi le Grenache à l’honneur : gourmand et fruité il est à boire dans sa jeunesse.

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Tiens, justement parlons des autres vins : le domaine Chante Cigale produit 8 cuvées différentes, dont 3 en AOC Chateauneuf. Là encore on retrouve cette ambivalence du domaine : la présence indispensable de cuvées qui font partie de l’AOC, mais à côté on aime bien faire de nouvelles expériences. D’ailleurs les deux cuvées qui portent le nom de « VIEILLES VIGNES » en sont l’exemple parfait : elles se font écho dans leur esprit et expriment toutes leurs différences dans le verre. Toutes deux mettent le Grenache et la Syrah à l’honneur, et sont produites quasiment en même quantité. La première fait partie des vins de l’AOC, la seconde en est exclue. L’une, toute en finesse, met en valeur des arômes subtiles de fruits noirs et de fraise. L’autre plus puissante, tire sur le réglisse et les fruits macérés. La première s’accompagne divinement de plats provençaux travaillés, de gibiers en civet ou de fromages bien affinés. La seconde fera un mariage délicat avec des mets plus simples mais tout aussi goûteux : la ratatouille de votre grand-mère ou les côtelettes grillées de vos première grillades de l’été. En somme des vins qui n’ont clairement rien à voir et qui pourtant sont le produit des mêmes cépages, des mêmes vinification : c’est là tout l’intérêt de l’expression du terroir !

bandeau04_page02-2-1400x475La dégustation continue en compagnie de Jean-Yves Pomaret et Jimmy Audouard qui seconde l’équipe commercialisation et communication.

Mon coup de cœur : la cuvée EXTRAIT en rouge.
Les vignes sont centenaires. Cuvée à 80% Mourvèdre : la structure est au rendez-vous. C’est 600 bouteilles : oui mais c’est quali ! Toute la cuvée est travaillée par gravité : on intervient le moins possible sur le raisin (on vinifie avec la grappe et on foule à peine les baies). Le truc en plus ? C’est la vinification dans la cuve pyramidale, bâtie sur le principe du nombre d’or. Et ce que ça lui apporte ? Une meilleure infusion du marc, une meilleure expression du fruit et du terroir de la parcelle Calada (qui porte bien son nom vu sa composition : des galets roulés). C’est la cuvée par excellence qui « traversera les décennies » : ça promet ! Au domaine on le garde 5 ans avant d’envisager de le faire déguster et on conseille de l’oublier un peu dans sa cave (pas plus de 15 à 20 ans tout de même !).

De belles découvertes sur ce Domaine Chante Cigale : on y mêle simplicité et volonté innovation. Le respect des traditions  compose avec la conquête d’un nouveau souffle; le tout grâce au travail de cette nouvelle génération !

Infos pratiques :
Domaine Chante Cigale
7 Avenue Louis Pasteur, 84232 Châteauneuf-du-Pape
www.chantecigale.com
04 90 83 70 57
Ouvert du lundi au vendredi de 10h à 18h
Pensez à vous annoncer si vous souhaitez déguster !

L’abus d’alcool est dangereux pour la santé, le bon vin se consomme avec modération !