Connect with us

#Fanny

#Fanny – Episode 2

#Fanny – Episode 2

Le pitch

Bastien se rend au « Marius », bar célèbre du Domaine des Masqués tenu par deux marseillais Papet et Hugolin, pour trouver de l’aide afin de redémarrer sa voiture. Des toiles de Fanny sont accrochées sur le mur. A la simple évocation de son prénom, Bastien découvre une vague d’effroi et des rumeurs jaillissent. Fanny serait une meurtrière. 


 

         Bastien regardait l’écran de son téléphone. Des notifications défilaient sans arrêt. Il sourit. La vidéo avait du succès. Un succès qu’il n’avait jamais atteint auparavant. Et pourtant, il avait tout fait pour se conformer aux règles d’or des réseaux sociaux. D’abord, une photo avec le filtre « Lie », très populaire en ce moment sur Instagram : celui qui vous rend plus beau grâce à une lumière ajustée, qui efface comme par magie votre visage disgracieux, votre regard trop sérieux et éventuellement des plis peu avantageux sur votre chemise. Puis, un sujet intéressant, c’est-à-dire aux frontières de la culture sans se plonger pleinement dans un quelconque domaine intellectuel. Par exemple : « Je pense que les femmes devraient être payées de la même façon que les hommes. Je le revendique. » Comme vous pouvez le constater, cette phrase est vraie. Cependant, elle n’évoque aucun engagement ou intérêt particulier pour la cause féministe, restant à l’état de mots révoltés, frappants et marquants sans jamais toucher au but. Bastien aimait ce genre de phrases qui généraient des « likes » rapides et efficaces. Il suffisait de recopier le même texte que ses amis avaient déjà écrit sur Facebook en changeant la ponctuation (ajouter un point d’exclamation pour un côté engagé, des points de suspensions pour un côté presque dramatique). Toute cette mise en scène stylistique le confortait dans son image de jeune journaliste plein de bons sentiments et de bonne volonté, prêt à tout pour se donner corps et âme aux grandes causes de notre monde. Avec #Fanny, tout était différent. Pourquoi donc parler du salaire des femmes quand on peut s’éterniser sur une peintre sauvage dans une campagne provençale ? Les commentaires touchaient profondément Bastien. Ils constituaient une preuve infaillible que son projet était approuvé par les réseaux sociaux. Une vieille connaissance de collège le félicitait et lui demandait si « Fanny était bonne » ; une ex ajoutait des émoticônes en forme de cœur en louant son air innocent et charmant sur la vidéo. Bastien sentait une montée d’adrénaline en lui comme s’il était enfin reconnu pour ses talents. Les gens le remarquaient, le likaient, l’adulaient. Ils s’intéressaient à lui – sa vie devenait passionnante, croustillante et hors du commun. Et ce n’était qu’une première étape ! Il imaginait déjà ce pauvre employeur en train de le supplier de l’engager. Et lui, Bastien, en chemise Valentino, se laissant désirer avec un air tout aussi supérieur que celui qu’il avait adopté pendant l’entretien d’embauche.

Tout en tapotant sur son portable, il se dirigea vers le premier bar du Domaine des Masqués. « Marius ». Un lieu tout aussi authentique que chaleureux. Seuls les fidèles et les habitants du village fréquentaient cet ancien atelier de couture transformé en bar après la guerre. Aux commandes, Papet et Hugolin, deux frères. Ces pêcheurs marseillais ne supportaient plus les caprices de la mer et avaient décidé de se réfugier dans les montagnes pour éviter tout contact avec les poissons et les calanques. Leur accent, plutôt drôle, demeurait incompréhensible les touristes qui s’aventureraient au Domaine. Ils étaient pourtant persuadés que leur vocabulaire était tout aussi poétique qu’un Picasso dans un musée dédié à Cézanne : étrange, subtile et sans doute intriguant. Papet et Hugolin cultivaient la joie de vivre – celle que l’on retrouve sur les bateaux les jours de bonne pêche. Ils chantaient en servant le pastis et faisaient parfois quelques blagues sur les Aixois – ou les « gens du Nord » selon eux. S’ils avaient trop bu, ils se mettaient à pleurer en pensant à la « Bonne Mère » (surtout au chemin difficile pour y parvenir) ou aux derniers jeux de l’OM. Lorsque Bastien arriva dans le bar, Papet et Hugo se mirent à pouffer de rire.

« Vé moi ce cacou stoquefiche ! C’est un d’Aix, ça, ma parole !

— Oh fan, ça fait au moins dix ans que j’en ai pas vu de ce genre de minot.

Bastien ne comprenait pas ce qu’ils disaient. Mais il perçut une légère moquerie dans les dires des deux marseillais. Fort de son récent succès, il ne s’attachait pas aux mesquineries des autres. Il leva le menton et fixa Papet. Puis, il se racla la gorge pour s’exprimer correctement et articuler chaque mot.

— Bonjour Messieurs. J’ai un petit problème technique. Ma voiture est tombée en panne en dehors du Domaine et j’aurais besoin d’un peu d’aide pour la faire repartir. Je ne connais pas du tout cet endroit. Auriez-vous la gentillesse de m’aider ? Je suis un peu perdu.

Papet et Hugo se regardèrent.

— Ecoute minot, y’a degun pour t’aider ici. On est pas mécano, on sert le Pastaga. Viens pas nous emboucaner avec ces histoires. Assis-toi, regarde, t’es tout maigre ! On a des cacahuètes pour l’apéro.

Bastien fronça les sourcils.

— Je suis sérieux messieurs, je ne peux pas rester ici ! J’ai un projet…qui m’attend !

– Oh con ! s’exclama Hugolin, le président a un grand projet aussi depuis l’an pèbre et degun l’a vu faire quelque chose.

— Hugolin, oh fan, tu vas trop loin. Il lui ressemble un peu au président ce petit minot. Peut-être que c’est lui, il s’est déguisé ! C’est pour ça qu’il parle d’un projet. Il porte la chemise, c’est pas un pacoulin. C’est un parigot !

— Ah Papet, fada, je pense pas que c’est lui ! Le président, il vit pas au cabanon et il a pas de ravan mais une grosse limousine.

— Hugolin, je vois plus très bien, le soleil a touché mes yeux quand je pêchais le gobi, mais il a un petit air du boudenfle qu’on voit à la télé !

Bastien tapa du poing sur le bar.

— Je ne suis pas le président, messieurs ! Je m’appelle Bastien, futur journaliste de « L’Aixois Déchaîné » et…

Il s’arrêta soudainement. Sur le mur, derrière le bar. Une dizaine de tableaux. Ils représentaient tous la Sainte-Victoire. Des nuances violettes – telles des pétales de lavande réparties sur la toile. Aucune forme. Juste des caresses. Des centaines de petites caresses, légères et généreuses, déclinées en plusieurs teintes de violet. Un ciel bleu, impassible. Sans richesse – comme si la Sainte-Victoire le transcendait. Les tableaux se ressemblaient tous. Seules certaines connotations se fondaient au même décor. La Sainte-Victoire pouvait paraître tout aussi enjouée, bercée par la lumière chaude du soleil, que malheureuse, terrassée par la nuit qui draperait sa longue robe colorée d’un rideau noir. C’était elle.

— Qui a peint ces toiles ? demanda Bastien sans détourner les yeux des œuvres sur le mur.

— Ah ! C’est la jobastre des sources ! Elle dessine bien ma parole. Comme quoi, on peut avoir la tête bien faite et les mains pleines de sang ! dit Hugolin en jetant un coup d’œil aux tableaux.

— Pardon ? dit Bastien, pris d’effroi.

— Fanny ! Oh lala, celle-là ! Il n’y en a pas deux. Mais parle pas fort, elle est pas très populaire ici. »

A peine le nom de « Fanny » fut prononcé que les clients du bar se retournèrent vers Bastien. Le jeune homme ne fit pas un geste – la scène était presque surréaliste. Tout le monde chuchotait. Il entendait des bribes de mots. Sorcière. Meurtrière. Folle. Elle n’est pas humaine ! Pourquoi est-elle encore dans la nature ? En prison ! A Montperrin ! Traître ! Qui c’est celui-là ? Encore un Pastaga s’teu plaît ! Des verres posés sur la table, des tchin-tchin. Des voix graves, des hommes qui se grattaient la gorge. Des reflux et des reflux de bruits qui, tous ensemble, se mêlaient dans un grand orchestre indigné et révolté par ce prénom. Un prénom aux sonorités si douces : « Fa-nny » – on aurait presque imaginé une petite fille modèle de la Comtesse de Ségur. Un « a » qui grimpait sur un arbre pour saisir des colombes et un « i » qui tombait dans la rivière en riant. « Fanny ». Il n’y avait rien de choquant dans ce nom innocent qui faisait pourtant frissonner le public. Bastien se souvint des dernières paroles de la peintre et surtout de son « innocence » qu’elle lui affirmait sans même le connaître. Ces informations diverses le déconcertaient. Les quiproquos, les dissonances, les incohérences n’avaient jamais été son fort. Il était lui-même un être peu logique qui se contentait de vagabonder entre les différentes émotions qui s’emparaient de lui tout au long de la journée. Naturellement, son premier rendez-vous avec Clémence lui revint en tête. Ils s’étaient rencontrés sur Internet. Après quelques discussions enflammées, pleines de tendresse et de complicité, Bastien avait décidé que tout ce passé sulfureux sur Iphone n’était qu’un jeu et qu’il souhaitait entretenir une relation platonique avec la violoniste. Elle le prit très mal, mais il n’y pouvait rien. Bastien n’était pas un homme de la raison. Il flottait dans un vide intergalactique qui lui empêchait de revenir sur la terre ferme. C’est bien ce qu’on lui avait reproché dans toutes ses tentatives amoureuses ou amicales et même journalistiques : le manque de régularité, de sens, de stabilité. Dans le cas #Fanny, il se perdait dans le flot de paroles, de murmures et d’hésitations qui ponctuait chaque regard en sa direction. Il avait envie de fuir, sans donner une explication. Il aimait fuir. Toute sa vie, il avait fui. Sa famille, ses amis, ses amantes et surtout lui-même. Prendre la fuite, c’est toujours plus facile que de s’abandonner aux mystères et aux zones de danger de la vie. C’est un élan pour tenter de retrouver sa liberté – une liberté faussée par la crainte de l’avenir. Bastien n’avait jamais été libre. Il était comme tous les autres : un produit sans valeur ajoutée qui s’amassait et attendait d’exister. Un caméléon, prêt à se colorer d’insouciance, de passion et de colère pour satisfaire les besoins d’un employeur, d’une femme ou d’un ami. Au Domaine des Masqués, il n’avait jamais aussi bien porté son masque.

« Comment pouvez-vous juger Fanny ? Vous la connaissez ? »

Une voix féminine brisa le malaise qui s’était installé dans le bar. Bastien ne parvenait pas à savoir d’où elle venait. Puis, il vit une jeune femme avancer avec assurance. Une brune, aux grands yeux marron en amande. On pouvait lire sur son visage mille et une aventures qui avaient forgé son esprit. Elle n’avait pas peur. Contrairement à Bastien, elle ne fuyait pas – elle ne fuyait jamais. Tout le monde se tut.

« Ah Marion, minotte. Faut pas réveiller les démons comme ça ! s’écria Papet

— Je sais, Papy. Mais ces gens-là mentent ! Et je ne peux pas laisser Fanny être le théâtre de tragédies infondées ! Vous savez tous comme moi que cette histoire de meurtre n’a jamais été élucidée.

– Galinette, tu défends une meurtrière, lui répondit Hugolin. Il n’y a que ses tableaux qui ont de la valeur ! Si je les revends, j’irai m’escamper dans les îles, pas trop loin de la Vierge et je vous laisserai ce bar de fada.

— Qui êtes-vous ? demanda Bastien.

— Marion, enchantée ! Ne les écoute pas. J’ai entendu que tu avais besoin d’aide pour ta voiture, suis-moi. »

Marion entraîna Bastien en dehors du bar.

 

*

 

« Il y a une règle d’or à respecter en communauté : ne pas parler des polémiques, dit Marion en menant Bastien près de la rivière.

– Je le sais bien ! Mais j’ai rencontré cette femme ! Et ses tableaux étaient accrochés sur le mur du bar. Elle est exceptionnelle, elle a un véritable talent pour la peinture – un talent inimitable ! Je ne peux pas croire tout ce qu’ils disent ! A-t-elle vraiment commis un meurtre ?

Marion resta silencieuse pendant quelques secondes. Elle prit un peu d’eau entre ses mains pour se rafraîchir le visage.

— Peu importe ce qu’elle a fait. Fanny a sauvé mon petit frère. Il est tombé dans la rivière et le courant l’emportait déjà. Je m’étais endormie au soleil. Je n’avais rien vu. Et puis des cris. A l’aide, à l’aide ! Je me réveille. Fanny était déjà en train de nager vers lui. Elle n’avait pas peur – elle maîtrisait la nature et ses caprices. Elle s’est accrochée à un bout de bois et a ramené mon frère. Je me suis mise à pleurer. Elle ne m’a rien dit. Elle a disparu au moment où je le serrais dans mes bras. Quelques jours après, j’ai trouvé près de chez moi un tableau qui représentait une rivière paisible – et mon frère en train d’y jeter des cailloux.

Bastien activa discrètement le mode « Caméra » de son téléphone.

— C’est donc une héroïne ? Une sorcière ? Wonder Woman ? insista Bastien.

— Franchement, ce n’est pas un roman ou un film. Il n’y a pas de Wonder Woman mais des femmes avec des émotions, des pensées, des personnalités. Je ne pense pas qu’on soit en mesure de reprocher ce meurtre à Fanny sans la comprendre.

— Dites m’en plus sur l’objet d’une telle accusation…

— Bastien !

Clémence s’approcha, furieuse, de Bastien et Marion.

— Alors comme ça, tu es en retard ? Avec une nouvelle conquête ? Ma foi !

— C’est qui cette fausse diva ? dit Marion en détaillant Clémence.

— Clémence Labrune, bientôt diplômée du Conservatoire d’Aix, avec une spécialité en musique de chambre. Et toi ? Dis-moi ce que tu fais dans la vie, dit-elle avec ironie.

Marion éclata de rire et tira le bras de Clémence. Elle l’a mis à terre en quelques secondes – cette dernière gémit, le pantalon tâché de boue.

— Gendarmerie nationale. Je suis celle qui protège les pauvres petits musiciens de se prendre quelques coups d’archet sur les doigts quand ils n’écoutent pas Radio Classique à 19h30 avant l’heure de la soupe aux carottes.

Clémence se leva, outragée par une telle offense. Comment Marion osait-elle s’attaquer à l’espoir de la musique aixoise ? Elle aurait pu lui casser un doigt ! Un doigt qui ne pourrait plus glisser sur les longues et douces ficelles de son violon. Ou autre part.

— Clémence, je vais tout t’expliquer. Ma voiture est tombée en panne. Alors j’ai juste demandé de l’aide à cette charmante demoiselle. Rien de plus, nous nous connaissons à peine, s’écria Bastien un peu gêné, s’efforçant de calmer la musicienne.

Elle ne le croyait pas. Ce n’était pas la première fois que Bastien faisait preuve d’instabilité. Elle jeta un regard supérieur à Marion. Elle ne supportait pas de se trouver dans une situation où une autre fille attirait plus l’attention qu’elle. C’était peut-être son naturel de musicienne – cet art magnifique de la représentation. Etre devant un public, c’est vouloir être acclamé, aimé, adulé. C’est jouer – certes du violon, mais aussi jouer devant des spectateurs. Clémence aimait le jeu – elle était la « femme qui joue ». Celle que l’on trouvait jolie et agréable, la sainte-nitouche frileuse qui brillait au Conservatoire. Au contraire, Marion ne s’était jamais sentie rivale de qui que ce soit. Elle n’avait jamais voulu être au centre et faisait partie de ces femmes de l’ombre, ces Wonder Women sans costume qui louaient la justice. Marion ne jouait pas à l’héroïne – elle n’était en rien une actrice. Ses moindres gestes se teintaient d’une spontanéité chaleureuse, d’une invitation enthousiaste à suivre n’importe quel chemin – du moment que ce dernier menait vers la sagesse. C’était peut-être ce qui avait manqué à Clémence pendant toute sa vie : le partage, l’amour de l’autre – l’amour tout court. Elle voyait en Marion tout ce qu’elle désirait être : une beauté subtile, des yeux francs, un air fier et honorable.

— Alors, allons-y Bastien. Nous n’avons pas besoin de toi, dit Clémence à Marion.

— J’étais en train de parler à ton collègue. A moins que tu instaures une dictature, est-ce possible de poursuivre notre conversation ?

— Soit. Mais je ne m’en irai pas.

Clémence commença à marcher le long de la rivière – Marion et Bastien restèrent en arrière. Bastien vérifia si le mode « Caméra » était toujours activé.

— Dites m’en plus sur ce meurtre. De quoi l’accuse-t-on ? demanda Bastien en se penchant vers l’oreille de Marion.

— Je ne peux pas en parler ici. Mais sache que l’histoire de Fanny est bien plus complexe. Elle a dissimulé des peintures qui prouvent son innocence dans des endroits clés de Provence. Chaque toile est un indice pour mieux la comprendre. Elle me l’a dit. Si je parviens à réunir toutes les œuvres, je la connaîtrai bien plus que quiconque. C’est mon devoir – j’arpente les vallées à la recherche de couleurs, de dessins, de gribouillis, de potentielles réponses. Tu me poses beaucoup de questions sur Fanny. Mais je ne sais pas qui tu es.

Bastien hésita un moment.

— Je suis écrivain. Je cherche de l’inspiration pour mon nouveau roman…#Fanny. Cette femme m’a inspiré car elle s’éloigne des standards féminins de notre génération. Elle n’est ni ultra connectée, ni ultra fashion-addict. Elle, c’est une femme qui inspire les poètes. Quelle femme sur Instagram est assez sublime et brillante pour pouvoir inspirer de grands écrivains… tel que moi ? J’ai besoin d’une muse, d’une femme inaccessible et en dehors du temps et elle…

— Je crois que ton autre conquête a frappé, dit Clémence en pointant une toile accrochée sur un arbre. »

Bastien se précipita vers l’œuvre et fut pris d’une émotion soudaine comme si quelque chose de magique et d’inattendu se produisait. Il ne parvint pas à contenir sa joie, mêlée d’une légère crainte de ce qu’il allait découvrir. La toile représentait une ruelle d’Aix-en-Provence, probablement près des Cardeurs si on en juge les bâtiments tout au fond – Bastien y distinguait même le Café des Philosophes. Une petite fille, un livre à la main, au milieu. Des couleurs chaudes, douces et rassurantes. La ruelle est étroite comme si elle enlaçait la fillette d’une tendre étreinte. Un balcon fleuri couleur magenta. Une vieille femme qui veille sur elle. Elle coud avec élégance – le visage dur et fermé. Elle lui rappelait sa propre grand-mère. Les grand-mères ont toutes ces traits marqués par la vie, ces jugements indirects qui fleurissent dans leur regard. Et pourtant, on se sent terriblement en paix auprès d’elles. Bastien se plaisait à toucher ces belles mains tâchées, ces craquelures qui avaient conquis les cœurs de ses enfants. Ces mains fatiguées par les gâteaux, le travail, la chaleur et la guerre. Ces mains, pleines d’histoires et de souvenirs. Il les retrouvait dans ces coups de pinceaux.

Au loin, il aperçut la silhouette de Fanny, toujours en train de peindre. Leurs yeux se croisèrent quelques instants avant qu’elle ne disparaisse dans les rayons du soleil. Bastien eut le temps de la prendre en photo. #Fanny, #Peinture, #Quête. #LesCardeurs.

Facebook Comments
Ne loupez rien des bons plans aixois et marseillais !

Actualités légères, bonnes adresses envoûtantes et chroniques. On vous sert le meilleur d'Il Court Mirabeau sur Messenger et par mail...

Written By

Manon ou "La Femme-Plume" est journaliste et écrivain. Ses mots voyagent entre la Méditerranée et la Manche puisqu'elle écrit également en anglais. Auteure de la web série #Fanny, elle jongle entre poésie et sarcasme avec une pincée de soleil provençal. Si vous aimez la langue de Shakespeare, rejoignez ses aventures et ses histoires sur son blog https://lafemmeplume.com.

Most Popular

Un projet d’un mini Disneyland à deux pas d’Aix en Provence !

Ça surprend

On vous dévoile 34 nouvelles perles d’étudiants aixois !

Jean Yves le Prof

Spéciale 4 ans du blog : rétrospective des chasses au trésor.

Agenda

37 perles d’étudiants aixois, très au point en économie !

Actu

Connect
Ne loupez rien des bons plans aixois et marseillais !

Actualités légères, bonnes adresses envoûtantes et chroniques. On vous sert le meilleur d'Il Court Mirabeau sur Messenger et par mail...