Ça surprendLes Aixpats

Tunis : la capitale déconcertante

sidi

14322609_10208630426051689_6674054257462038761_nDes regards insistants, des sourires francs et beaucoup de bruit… Tels sont les éléments marquants de mon début de séjour à Tunis. Sans oublier les taxis jaunes emblématiques de la région qui fourmillent dans les rues sans voie, ni loi ! Capitale de plus d’1 million voire de 2,7 millions d’habitants si l’on considère le Grand Tunis, elle présente un visage complexe. Mes premiers jours restent gravés dans ma tête comme une plongée saisissante dans un océan glacé, un choc de température d’abord mais surtout culturel …

Je découvre avec curiosité le airbnb dans lequel je vais loger pendant un mois. « C’est un ancien Riyad qui appartient à ma tante et comme tu peux l’entendre, on est à côté de la mosquée. Le son est mal réglé, les appels à la prière sont un supplice ! » m’indique avec un sourire Lilia, l’hôtesse, mais également journaliste militante.

Mon quartier sera désormais celui de Bab Laquès avec ses petits épiciers, ses multiples chats errants et ses cris d’enfants provenant de l’école d’en face. C’est une partie de la ville très pauvre et délabrée, située en bordure de la Médina (l’ancienne ville), les routes sont pavées de détritus, les poubelles débordent et les cafés, généralement masculins, sont d’allure modeste. Malgré cela, je m’y sens de mieux en mieux, je commence à prendre mes marques et mes quelques mots d’arabe portent leurs fruits auprès des commerçants qui se moquent gentiment de mon accent. La petite rue qui fait le coin porte bien son nom, « rue des boulangers », des baguettes s’empilent le long des étals et les habitants viennent se servir fréquemment. Les jeunes jouent au foot en face de chez moi et m’accostent timidement en arabe quand je passe devant eux en rentrant du journal.

t

Les épices chatouillent mes narines et les choux, carottes, piments, pommes de terre et poivrons achèvent ce tableau oriental.

t3

Mais mon endroit préféré reste sans doute le souk d’El Halfaouine, on y trouve tout et n’importe quoi, une sorte de « bordel organisé » dont seuls les tunisiens ont le secret. Baskets Nike de toutes les formes et de toutes les tailles, chargeurs de téléphone, blocs d’argile, fripes, et bien évidemment les étals de nourriture qui se déploient sur plusieurs kilomètres dans les dédales de rues.

Les commerçants manient les morceaux de bœuf  et de mouton avec brutalité ; des espèces marines inconnues me fixent d’un œil vitreux, les épices chatouillent mes narines et les choux, carottes, piments, pommes de terre et poivrons achèvent ce tableau oriental. Les rues avec les échoppes de part et d’autre sont si étroites que la circulation est difficile voire impossible, à l’image des embouteillages sur les grands boulevards comme l’avenue Mohamed V où les automobilistes ne communiquent qu’à l’aide des klaxons. Tunis est, pour toutes ces raisons, une ville déconcertante et par-dessus tout, vivante. Elle est imprégnée d’une énergie urbaine, décomplexée comme l’est la jeunesse tunisienne en mal d’avenir, aspirant à s’émanciper et portée par le souffle d’une révolution inachevée.

t2

Facebook Comments
Fanny la bulle d'énergie
Fanny la bulle d'énergie
Percutante, dynamique et curieuse, Fanny tentera chaque mois de vous dénicher des lieux improbables dans la douce ville aixoise. A 23 printemps, elle voue un culte au Hip Hop et adore se fondre dans des univers tout aussi éclectiques les uns que les autres. Cerise sur le calisson, Fanny évoque en nous de doux souvenirs pagnolesques.
Il Court Mirabeau
Leave a Comment