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Les 5 vies du Camp des Milles

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Cette fois-ci, c’est le site-mémorial du camp des milles qui a été ma destination scolaire. Il est très connu dans la région : nombreux sont les enfants qui, dès la primaire, vont visiter ce lieu étrange. Au cours du temps, les gens passent mais les souvenirs restent.  Venez donc découvrir son évolution en 5 étapes:

 

  • 1. La tuilerie

La tuilerie était placée de façon à faire fleurir ce commerce : le sol est argileux, derrière nous avons une rivière : l’arc, ainsi qu’une voie ferrée pour transporter les produits de la tuilerie vers les grandes villes. La tuilerie était très isolée du reste de la ville.

On reconnait le camp des milles par sa couleur ocre, la couleur de l’argile, mais aussi grâce à sa grande cheminée, qui permettait d’évacuer les fumées de la cuisson des tuiles. Sur sa façade, on découvre plusieurs bâtiments, donc le central comprend une horloge ainsi qu’une statue de la Vierge, car la famille qui détenait la tuilerie était d’origine catholique (la vierge est présente depuis 1882).

A l’intérieur se trouve toujours le four géant en forme d’anneau, qui part du sous-sol pour remonter jusqu’au premier étage.

La production et la vente se passait bien, jusqu’à ce que la crise économique frappe le pays. La tuilerie ferme, et reste dans son état en attendant qu’un nouveau jour arrive.

 

  • 2. Le camp d’internement

 

C’est au début de la seconde guerre mondiale que la deuxième vie du camp débute. On y interne des « sujets ennemis », des personnes qui ont fuit l’Allemagne et Hitler : la tuilerie passe sous le commandement français. Mais encore à cette époque, ça pouvait aller : les internés se sont mis à utiliser l’argile afin de créer des sculptures, des peintures, à devenir des artistes pour passer le temps dans un camp où rien ne leur était destiné. Dans l’ancien four, une salle de spectacle a été aménagée afin de distraire les internés, mais les habitants du village des Milles venaient aussi et payaient. Seuls les hommes vivaient dans l’ancienne Tuilerie, les femmes et les enfants étaient dans différents hôtels sur Marseille.

 

Ci-dessous, le four réaménagé en salle de spectacle. Sur le pilier gauche : le programme du soir. Sur le pilier droit était installé la caisse pour faire payer. Source : galerie alain paire

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  • 3. Le camp de transit

A partir des années 1940, le camp a vu son nombre d’internés exploser. On y mettait les indésirables, les étrangers. Ceci fût mis en place suite à la défaite de la France sous le régime de Vichy. Là encore, seuls les hommes y sont internés, et l’internement des juifs commence à être mis en place. Malheureusement, les maladies et la famine commence à gagner les hommes : la tuilerie disparaît complètement.

 

  • 4. Le camp de déportation

Vient à présent, la période la plus lugubre de cette usine : en 1942 les juifs, autant femmes, qu’hommes ou qu’enfants, étaient envoyés, par milliers, dans les camps de concentrations… A cette époque, les hommes ont donc pu revoir leurs femmes, mais ce fût bref. Elles séjournaient donc peu de temps au camp, au deuxième étage de la bâtisse. Cet étage est composé d’un bon lot de fenêtres, et avant le plafond était plus bas. Mais parmi celles qui voyaient les trains arriver, certaines se sont jetées du deuxième étage : autant mourir maintenant, que de mourir dans la souffrance des camps. Ce temps de déportation a été court, de août à septembre, mais a envoyé cinq convois d’humains, chargés dans les wagons à bestiaux. Certains sont morts sur le trajet, d’autres plus loin… Bien évidemment, tous ne passèrent pas par le camp des Milles, certains juifs étaient récupérés chez eux et directement placés dans des wagons direction les camps de concentration.

Suite à cet épisode, le peu de juifs qui restaient étaient rentrés chez eux ou envoyés ailleurs. Le camp s’est retrouvé désert. La tuilerie avait reprit son cours, grâce aux subventions de l’Etat, mais que peu de temps. Fermée de nouveau, des rescapés de la Shoah on souhaité que ce lieu soit un mémorial à cette population décimée.

 

  • 5. Un mémorial

 

Le camp des milles a été transformé en mémorial, afin d’instruire les jeunes mais aussi les adultes, de leur faire comprendre ce que l’homme a pu faire. Mais aussi de prévenir contre les dangers d’un nouveau génocide qui peut se reproduire à nouveau. Le camp a faillit être laissé à l’abandon, mais les traces importantes laissées au cours des années on permis sa réhabilitation. Maintenant, toutes les classes des alentours, dès la primaire, vont dans ce camp. Ils en sortent un peu mal mais ne comprennent pas toujours l’enjeu. Mais le bâtiment impressionnant, avec sa couleur ocre, reste toujours dans les mémoires. Une partie de la visite est consacrée à faire réfléchir « Comment peut-on arriver à un génocide ? », et je pense qu’à présent, c’est à vous d’y aller.

 

N’hésitez pas à prendre un bon pull aux périodes fraîches, et un paquet de mouchoir aussi (on ne sait jamais). En vous souhaitant de découvrir de magnifiques choses !

 

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site source : http://www.campdesmilles.org/index.html

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