Place du 7ème art

Sofia Coppola et ses proies dans les salles aixoises

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Tout le monde est familier avec la lutte contre ce fléau du XXIe siècle qu’est le spoil. Lorsqu’il est extérieur, on peut simplement sauter à la gorge de la personne responsable de cette ignominie. Mais si nous sommes à l’origine de ce dérapage, il ne reste plus qu’ à se taper la tête contre un mur en espérant oublier. C’est ainsi qu’avec une simple bande-annonce (et beaucoup de hype, je dois l’avouer), je suis sortie un peu frustrée du dernier Sofia Coppola. Tous les ingrédients étaient pourtant réunis pour passer 1h30 de plaisir et d’excitation.

Le pitch : Au cœur de la guerre de Sécession, un caporal nordiste blessé est recueilli dans un pensionnat de jeunes filles en Virginie. Ce nouvel arrivant va rapidement éveiller les tensions et les jalousies sous-jacentes.

Les Proies est d’abord inspiré du livre éponyme sorti en 1966, qui a lui-même donné lieu à un premier long-métrage. L’adaptation de 1971 avec un Clint Eastwood encore fort fringant, laisse moins de place à l’imagination. Les personnages y sont d’avantage stéréotypés, avec la jeune vierge, la petite garce ou encore la femme forte.

Sofia Coppola a complètement évincé la thématique de l’« esclavagisme » du film d’origine, en supprimant le personnage de Hallie, une esclave au service de Miss Martha. La réalisatrice s’est ainsi concentrée davantage sur les relations entre les personnages et la volonté qui les anime.

Comme à son habitude elle sublime ses actrices qui nous offrent un jeu tout en nuances.
« J’ai toujours aimé observer les dynamiques de groupes, et de groupes de femmes en particulier. J’ai le sentiment qu’entre femmes, les mécanismes qui émergent sont moins flagrants, plus subtils, quand chez les hommes, ils sont plus manifestes. » Explique S. Coppola.
Par ailleurs, la réalisatrice a ajouté des touches d’humour tout au long du film, ce qui fonctionne extrêmement bien avec cette atmosphère de tensions et de jalousie.

Côté réalisation, le long-métrage est brillamment filmé sur pellicule à l’aide d’objectifs anciens, ce qui donne un fini très particulier. Il a d’ailleurs reçu un prix de la mise en scène amplement mérité à Cannes. Les scènes d’extérieur sont baignées de lumière et donnent l’impression de se dérouler à travers une nuée vaporeuse. Comme si tout ce qui se passait en extérieur était un rêve et que le monde réel, plus cru et morbide se terrait dans la pénombre du manoir.

Je vous conseille tout de même d’aller voir Les Proies mais NON ne regardez pas la bande-annonce. Et pour ceux qui ne peuvent pas concevoir d’aller au cinéma sans voir d’extrait, je vous aurais prévenu.

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Pour ma part, je vais me rendre dès le 13 septembre au cinéma Renoir pour suivre le travail de Darren Aronofsky (Requiem for a dream, Black Swan). Son prochain film, Mother! est un thriller psychologique comme il sait si bien les faire. En voici un aperçu.

 

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Amandine la filmovore
Amandine la filmovore
Etudiante en journalisme à Aix, je suis la cinéphile du groupe. Les films n'auront plus de secret pour vous car je vous offre les clés. Direction le 7e art.
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