Ça surprend

Typologie d’un jeune aixois ultra connecté : effrayant ou enthousiasmant ?

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Un mercredi soir d’été, j’étais attablé avec des amis en bas de la Place des Cardeurs. Et je me suis amusé à compter le nombre de personnes qui étaient en train de consulter toutes les minutes leur smartphone. Ils étaient… 19 sur 20 ! Bon trimestre !

Comme si une main invisible (on embrasse Adam Smith, fruit des cours d’économie de l’époque) les poussait à réaliser ce rituel grégaire : snapper et explorer ses stories pour la trentième fois depuis ce matin, consulter robotiquement son messenger, prendre une photo pour la lancer dans l’arène multicolore et photogénique d’Instagam à la recherche de 50 likes. C’est fascinant. Je ne leur jette pas la pierre et je ne juge pas, car lors de la fête de la Musique, j’ai passé bien 50% de mon temps à réaliser des lives facebook et insta pour le blog. J’observe juste ce phénomène qui prend une ampleur incroyable depuis 2010.

Ce monde connecté avec désormais 4, 5 réseaux sociaux bien connus du grand public, nous ouvre sur le monde mais nous renferme dans une bulle. C’est vertigineux quand on y pense.

Du like… au « mince il a vu que j’ai vu son message, ça le fait pas de pas répondre de suite »

Vous vous rendez compte de l’absurdité du geste pour quelqu’un qui débarquerait des années 80 au cœur de la Place des Cardeurs ce soir d’été ? « Pourquoi ces gens discutent avec des personnes sur un écran alors qu’ils ont des amis en face d’eux, à qui bien sûr on adresse du coup moins la parole ? ». Comment se fait-il que ce couple, délicieusement installé près des fontaines, passe son dîner à consulter ces mails plutôt que de refaire le monde sous les lampadaires de la Place des Fontêtes ?

Ca pourrait faire un parfait sujet de philo l’année prochaine ! Il faut dire aussi que depuis quelques mois, on se sent « redevable » de répondre au plus vite à ces messages virtuels, pour ne pas les inquiéter ou paraître presque malpoli. La cause ? Ce fameux « vu à… telle heure » qui nous culpabilise presque de pas répondre immédiatement. La vie réelle passe alors au second plan dans ces petites terrasses aixoises. Fascinant à observer.

La course aux likes, à l’immédiateté des réponses virtuelles, au toujours plus de contacts digitaux, nous éloignerait-elle pas de l’essentiel ? Du réel ? Le débat est ouvert, à Aix comme ailleurs.

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La rédaction
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Une ruelle oubliée, ou plus loin, un coin de Provence à faire briller... J'aime profondément Aix en Provence et la région. Suivez-moi dans mes bonnes adresses et surprises en Pays d'Aix ! Rédac chef de cette fabuleuse aventure et fondateur du site en septembre 2016 ! Par ailleurs, je propose des services en communication digitale originale pour les commerçants et professionnels du tourisme en Pays d'Aix : www.monroadtripenprovence.fr (Community management / Ecriture "sensorielle" / Atelier de réseaux sociaux 2018, département 13, 84, 04)
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