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Ça flane

Aix : Une nuit au musée. (Granet)

Il est 19h. La pénombre envahit peu à peu les salles du Musée Granet. Le silence s’empare des œuvres d’art. Les sculptures sombrent dans un profond sommeil. Les peintures s’imprègnent de l’obscurité. Pourtant un brouhaha lointain résonne peu à peu entre les murs. Devant les portes du musée, des groupes de jeunes se réunissent. Bientôt, une foule occupe la place Saint Jean de Malte. Cette nuit, le musée rêvera éveillé.

Le personnel de Granet et les jeunes artistes s’activent dans les couloirs. Cela fait plusieurs semaines qu’un évènement se prépare. Ce soir, la jeunesse est invitée à visiter le musée.

L’art s’anime doucement, au rythme d’une musique entraînante. Les étudiants entrent. La soirée débute, et les premiers spectacles vont commencer. L’effervescence monte, et une grande excitation anime les conversations. Les pas se pressent car il faut faire vite : un homme se fait maquiller en statue, des danseurs commencent à tournoyer, des sérigraphies sont épinglées sur un fil. Le bal des visiteurs réchauffe l’atmosphère. L’allégresse s’empare des lieux.

Je me fraye un chemin dans ce joyeux ramdam. Silencieuse, j’arpente les couloirs. Je maintiens mes yeux grands ouverts afin de capter chaque détail. Je tiens dans ma main droite deux sérigraphies oranges, et de ma poche dépasse le programme jaune vif de la soirée. Trois corps se mettent à valser devant les tableaux de Jupiter et Thétis. Je suis immobile. La foule aussi. Plus rien ne compte. L’art ne se voit pas, ne se résume pas, il s’éprouve c’est une certitude. L’étrange danse dure peut-être 15 minutes. Le tableau de Jean Auguste Dominique Ingres assiste sans un mot au spectacle. Les dernières notes, les derniers gestes mettent fin à cette gracieuse interprétation.

Les regards brillent dans cette nuit de mars. C’est une soirée peu commune. Les oeuvres d’art parlent, vivent, dansent, crient, rient, échangent. La jeunesse côtoie les trésors du passé, la parole habite le silence des oeuvres, la danse embrase l’impassibilité des sculptures.

Les consciences s’évaporent et atteignent des émotions vertigineuses. Minuit retentit, les allées se vident. Le calme regagne le musée. L’enchantement se brise et les oeuvres se rendorment.

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