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Jean Yves le Prof

Aixois : les 7 secrets du blé de la Sainte Barbe pour ne plus vous “planter”…

C’est une tradition que la plupart de ceux qui habitent en Provence connaissent, et les autres sans doute un eu moins, car cela fait partie des « fêtes Calendales », expression qui, en Provence, caractérise tout ce qui se rapporte à la période de Noël.

Cette tradition chrétienne fait aujourd’hui partie des traditions populaires, qui dépassent largement les frontières des croyants et des pratiquants :de même que tout le monde ou presque fête Noël et que beaucoup ont des santons et installent une crèche, il en est largement ainsi pour le blé de la sainte Barbe.

Il s’agit de mettre des grains de blé dans une soucoupe (en fait 3 soucoupes comme on va le voir), sur du coton, le jour de la sainte Barbe (4 décembre), encore appelée sainte Barbara, de la placer dans la maison à la lumière et de l’arroser régulièrement. Le blé atteindra une taille respectable au moment de Noël, 20 ours plus tard. Si c’est le cas, selon une croyance qui, là, n’est vraiment chrétienne, l’année sera prospère ! (« Blé bien germé, c’est la prospérité pour toute l’année »).

Il y a sans doute dans cette tradition, devenue chrétienne, une origine lointaine païenne : le mois de décembre est celui où les jours sont les plus courts ; ils vont rallonger à partir de la sainte Luce (13 décembre, fête du retour de la lumière donc, très fêtée dans les pays nordiques : « A la sainte Luce les jours rallongent d’un saut de puce »). A la sainte Barbe, les jours vont bientôt rallonger-10 jours plus tard- et planter du blé est un signe de cet espoir du redémarrage de la lumière et donc de la vie. C’est au fond une manière de marquer son espoir de la reprise de la nature le moment venu, lorsque le soleil et la chaleur reviendront largement : prémices de la moisson future !

Quant à sainte Barbe ou Barbara, son histoire est assez tragique et, sans entrer dans certains détails horribles, elle vivait au 3° siècle et son père, Dioscore, la fit enfermer dans une tour car elle ne voulait pas se marier et souhaitait se convertir au christianisme. Elle se fit baptiser clandestinement, s’échappa, fut rattrapée et son père la supplicia avant de la décapiter de sa propre main, car elle ne voulait pas abjurer sa foi. Selon la légende, il fut aussitôt frappé par la foudre et le berger qui l’avait dénoncée vit ses moutons transformés en sauterelles ! Elle est la patronne de nombreuses professions, car elle est censée protéger d’une mort violente, des pompiers aux mineurs et autres métiers dangereux. On raconte que la tour où elle avait été enfermée avait deux ouvertures et qu’elle en créa une troisième, pour symboliser le sainte Trinité.

Toujours est-il que c’est sa fête qui a été choisie, par les Provençaux, pour ne pas oublier son martyre, pour planter le blé, non dans une seule coupelle, comme on le fait le plus souvent, dans une optique purement folklorique, mais dans trois, afin justement de symboliser la sainte Trinité, dans une vision cette fois plus religieuse. La tradition provençale demande de conserver ces trois soucoupes avec le blé qui va germer peu à peu jusqu’au 24 au soir, veille de Noël, où elles seront placées sur la table pour « le gros souper ». Si l’on a une crèche, on coupe les pointes et on les dépose dans l’étable, à l’endroit où on mettra l’enfant Jésus.

Le 25 on y ajoute des rubans jaunes et rouges et on les met ensuite, dès le 26, dans la crèche, jusqu’à l’Epiphanie, qui marque l’arrivée des rois mages. Et on les plante ensuite en pleine terre.

La Provence est riche en traditions de ce type, dont l’évolution est souvent la même : une racine païenne, christianisée par la suite. Puis, avec la sécularisation, la poursuite de la tradition, pour beaucoup dans une optique folklorique, et le souci de symboliser l’approche des fêtes par la banalisation de gestes dont la dimension religieuse s’estompe aux yeux de beaucoup (on peut douter que les magasins qui exposent le blé de la sainte Barbe sur leur comptoir ou dans leur vitrine, les associations humanitaires qui le vendent au profit de leurs actions caritatives, ou les agence immobilières ou autres qui en distribuent dans les boites aux lettres avec leur « pub » le fassent tous pour manifester leur foi). Dans le même temps, les croyants le font, eux, dans une optique qui n’est pas seulement folklorique. Après tout, il en va de même pour les crèches, et pour Noël lui-même : naissance de Jésus pour les croyants, fête familiale par excellente pour tous, croyants ou non. La sainte Barbe marque donc le début symbolique, pour tous, de la période de Noël, ce qui a déjà été anticipé largement par les illuminations publiques, les chalets, les manèges, les vitrines et surtout la publicité pour les cadeaux de toute sorte… Mais le symbole reste et il est gratuit, ou presque.

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