LES ETUDIANTES DU COURS MIRABEAU VUES PAR UN ANGLAIS EN 1989 !

Ah qu’elles sont jolies les filles du Cours Mirabeau, et ça fait quelques générations que ça dure !

Peter Mayle est un écrivain anglais, tombé amoureux de la Provence, qui s’est installé dans le Lubéron. Son ouvrage le plus connu « Une année en Provence » a été publié en 1989, traduit en 17 langues, et notamment en français en 1993 (Nil Editions). On y trouve en particulier (pages  129 à 131) une savoureuse description des étudiantes aixoises. 27 ans après, les choses ont-elles beaucoup changé ?

« Aix est une ville universitaire, et il y a de toute évidence quelque chose dans le programme des cours qui attire les étudiantes aux silhouettes de mannequin. Elles abondent toujours à la terrasse des Deux Garçons et, selon moi, elles sont là pour parfaire leur éducation plutôt que pour se rafraîchir. Elles appliquent un cours de maintien qui s’articule en quatre parties.

1 : l’arrivée

L’arrivée doit être aussi spectaculaire que possible, de préférence à l’arrière d’une Kawasaki 750 rouge pilotée par un jeune homme vêtu de la tête aux pieds de cuir noir, avec une barbe de trois jours. Inutile de rester sur le trottoir pour lui faire des gestes d’adieu, il dévale le cours dans un bruit de tonnerre pour se rendre chez son coiffeur. Le geste tendre est juste bon pour les petites jeunes filles empruntées qui arrivent d’Auvergne. L’étudiante sophistiquée n’a pas le temps de faire du sentiment : elle se concentre en vue de l’étape suivante.

2 : l’entrée

On doit garder ses lunettes de soleil jusqu’au moment où l’on aperçoit à une des tables quelqu’un de connaissance. Surtout ne pas avoir l’air de chercher de la compagnie. On donnera plutôt l’impression qu’on entre dans le café pour passer un coup de fil à un admirateur italien titré quand -divine surprise !- on aperçoit un ami. On peut alors ôter les lunettes de soleil et redresser la tête en se laissant persuader de s’asseoir une minute.

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3 : le baiser rituel

On doit embrasser tous ceux qui sont installés à la table au moins deux fois, souvent trois, et dans certains cas quatre fois. Les bénéficiaires de ces baisers doivent rester assis pour permettre à la nouvelle arrivée de fondre sur la table, de se pencher suffisamment pour que la vue d’une paire de cuisses parfaites n‘échappe à personne, de rejeter ses cheveux en arrière d’un vif mouvement de tête, de boucher le passage aux serveurs, bref de faire sentir sa présence.

4 : le savoir-faire à table

Une fois assise, on devra remettre ses lunettes de soleil, afin de pouvoir discrètement étudier son propre reflet dans les vitres de l’établissement : non par narcissisme, mais pour contrôler quelques détails techniques de première importance : la façon d’allumer une cigarette, de sucer la paille d’un Perrier menthe ou de grignoter délicatement un morceau de sucre. Quand on est satisfaite, on peut abaisser les lunettes pour les laisser reposer de façon charmante à l’extrémité du nez et consacrer alors son attention aux autres occupants de la table.

Ce spectacle se poursuit sans interruption du milieu de la matinée jusqu’au début de la soirée et ne manque jamais de me ravir. Il doit y avoir de temps en temps une pause pour les travaux universitaires entre ces séances acharnées d’études sociales : je n’ai pourtant jamais vu un manuel venir assombrir le marbre d’aucune des tables, pas plus que je n’ai entendu de discussion touchant au calcul différentiel ou aux sciences politiques. Les étudiantes sont totalement occupées à se montrer en forme et le résultat c’est que le cours Mirabeau est un régal pour l’œil. ».

Ce texte  de Peter Mayle a 27 ans, mais n’a-t-il pas quelque chose d’intemporel et d’éternel, à deux ou trois détails près ? Il est certain qu’aujourd’hui encore le Cours Mirabeau ne manque pas de charmes et que les 35 000 étudiantes (et étudiants) d’Aix n’y sont pas pour rien. Fallait-il un anglais pour nous le rappeler ?

Article proposé par notre contributeur Jean Yves Naudet, professeur émérite qui a pris sous son aile plus de 80 000 étudiants tout au long de sa carrière. Un grand merci à lui !

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